Entre urgence et postérité, le combat « des » Bancs Publics se poursuit

Collectif Bancs Publics à Sète - Photo - IG PLURIELLE INFO
Collectif Bancs Publics à Sète - Photo - IG PLURIELLE INFO

« Quand nos enfants et petits enfants nous demanderont comment vous avez pu laisser faire ça ? l’abattage des arbres et la bétonisation de la ville… on répondra qu’on a fait tout ce qu’on a pu ». Sous une chaleur accablante à l’endroit d’un arrêt de bus impraticable… entre ce qui devrait être bientôt une sortie de parking et une salle polyvalente, en lieu et place de la place Jules Moch déjà partiellement entourée de palissades, Christophe Lalia invite les passant·es à écrire à la craie sur l’asphalte, leur colère et leurs espoirs.

Par ce qu’ils n’ont évidemment pas reçu de réponse à leur lettre ouverte au maire Hervé Marquès, les responsables du collectif Bancs Publics comptent bien maintenir la pression jusqu’à ce que soit mis un terme à la course au béton.

Place Aristide Briand : une plaque chauffante

Malgré les millions engloutis et trois ans de travaux invivables pour tout le quartier, la place Aristide Briand se révèle comme le prévoyait le pire scénario une véritable plaque chauffante. Certes, les arbres promis ont encore une taille incapable de faire de l’ombre, mais ces arbres pourront-ils vraiment pousser ? Tous font triste mine et certains sont déjà morts. Prise de température réalisée la veille du rendez-vous : entre 45 et 50 degrés. L’aire de jeux pour enfants dont la mairie vante l’esthétique ne pourra vraisemblablement pas être mise en service l’été tant les parties métalliques en seront brûlantes.

Arbre mort sur la place Aristide Briand à Sète - Photo - IG PLURIELLE INFO
Arbre mort sur la place Aristide Briand à Sète – Photo – IG PLURIELLE INFO

Encore ou assez ?

Le pompon , c’est que la sortie du parking prévue par un tunnel donnant sur l’avenue Henri Barbusse n’est pas réalisée. Sa construction devait être engagée en même temps que la construction d’une salle polyvalente sur l’actuelle place Jules Moch où restent les derniers arbres adultes du quartier, dont un platane. Abattre ces arbres, les haies de lauriers roses pour construire une salle qui, de par ses dimensions et sa localisation, ne répondra pas aux besoins actuels des Sétois·es ? Se lancer encore dans des mois et des mois de chantier qui asphyxieront de bruits et de poussières des riverains déjà à bout ? C’est l’ultime folie que les opposant•es cherchent à éviter.

Pour elleux, l’heure est grave. L’épisode de canicule des derniers jours a mis en exergue que cette surenchère urbaine est intenable, cette fuite en avant vers les profits du BTP et la dette accrue de la ville. C’est ce que disent ces cris du cœur marqués de mains tremblantes de colère : « Des arbres, du vert, de l’eau »; « Stop à l’inaction climatique »; « Où est le plan anti-canicule ? »; « Pas touche aux arbres de la place Moch »; « Basta la bétonisation »…

Malgré les aléas juridiques, malgré le mépris voir les menaces dont iels sont l’objet, malgré la moyenne d’âge élevée de ses membres, les militants et militantes de Bancs publics se révèlent être les ultimes sentinelles de notre environnement. Il est temps de leur prêter main forte pour, toutes générations confondues, reprendre la main sur un avenir commun respirable.

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