À Poussan, sur le site protégé d’Issanka, la mobilisation contre la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) change de dimension. Aux côtés des collectifs locaux, le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) et son porte-parole et fondateur Thomas Brail sont venus dénoncer un projet qu’ils jugent à la fois « écologiquement dangereux », « socialement injuste » et « financièrement démesuré ».
C’est là que passe la Vène, petit cours d’eau essentiel pour ce secteur, au milieu du parc arboré d’Issanka. L’inquiétude monte : en cause des forages profonds pour les fondations, des perturbations de la nappe phréatique, des risques de pollution pendant les travaux, et surtout une possible modification des circulations souterraines de l’eau. Pour Christophe Aucagne, responsable local du GNSA : « on voit bien ici une biodiversité complète … il faut éviter qu’un viaduc aberrant vienne détruire tout ça. »
La protection à faire sur la ressource en eau, alerte de plus en plus les collectifs engagés pour défendre une mobilité mieux adaptée aux territoires. Quant à la LGV, ils n’en veulent « ni ici ni ailleurs ! » Et ici le danger d’un déséquilibre environnemental est réel. Le captage d’Issanka, qui alimente environ 60 % de la ville de Sète en eau potable, se situe dans une zone karstique particulièrement fragile.
Citoyennes et citoyens redoutent les conséquences des forages d’investigations jusqu’à 80 mètres de profondeur, et ceux prévus ensuite pour les futurs piliers du viaduc de la Vène qui serait implanté à proximité du captage principal d’Issanka, entre la D613 et la D2 reliant Gigean à Balaruc.

« Cette source est protégée depuis 1988 par une déclaration d’utilité publique », rappelle sur site ce vendredi 24 avril 2026, Corinne Bance membre du GNSA . D’autant qu’une étude hydrogéologique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) datant de 1998 évoque « les risques qu’impliqueraient des perforations profondes dans cette roche karstique, » explique encore Corinne Bance.
[VIDEO] Thomas Brail, Christophe Aucagne et Corinne Bance :
La Nature attend que son sort soit fixé
Pour les collectifs « les conséquences catastrophiques » semblent inévitables si la LNMP ne change pas son tracé : destruction d’habitats naturels, atteintes à la biodiversité, nuisances sonores, expropriations, déplacements massifs de terres et abattage d’arbres parfois pluricentenaires. Les documents de SNCF Réseau et les cartes du projet montrent bien deux ouvrages distincts dans le secteur de Poussan–Issanka : le viaduc de la Vène et le viaduc de Poussan. Entre les deux, la Nature attend que son sort soit fixé.
Alors que les arbres jouent un rôle essentiel dans le maintien des équilibres hydrologiques et la protection de la ressource en eau, Thomas Brail aime à rappeler que les arbres et l’eau sont indissociables : « S’il n’y a pas d’arbres, il n’y a pas d’eau. »
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