Allô Mesquida, c’est combien « Sud prenant » ?

Allô Mesquida c'est combien Sud prenant ? - Photo - PLURIELLE INFO
Allô Mesquida c'est combien Sud prenant ? - Photo - PLURIELLE INFO

« Les finances restent sous tension. » « Nous avons dû stopper ou réduire des dispositifs. » « Nous poursuivons les économies. » Ces mots sont ceux de Kleber Mesquida qui préside le conseil du Département de l’Hérault, et qui présente un budget 2026 marqué par la prudence et la nécessité de repousser certains investissements.

Mais voilà qu’en mai : fais ce qu’il te plaît comme on dit ! Jean-Louis Gély, vice-président délégué au tourisme et à l’économie au Département de l’Hérault, présente cette démarche collective inédite portée par le Département et dévoile la marque territoriale : « L’Hérault, Sud prenant ». Une promo de territoire, un univers graphique, une stratégie d’attractivité, un réseau d’ambassadeurs, des campagnes de communication… Le dossier de presse détaille les ambitions de cette nouvelle identité sur 24 pages.

Dans ce monde très télé-réalité de la politique locale, une question pourrait être posée à la façon de Nabilla : combien tout cela coûte-t-il ? « Euh… allô ! Non, mais allô quoi ! T’es un président et t’as pas les chiffres ? Allô Kleber, c’est quoi le truc ? »

Ni le dossier de presse consacré à « L’Hérault, Sud prenant » ni le dossier de présentation d’avril du budget 2026 ne mentionnent le coût de création de la marque, son budget de fonctionnement, celui du réseau d’ambassadeurs ou encore les dépenses prévues pour la communication, l’affichage ou les achats d’espaces publicitaires.

Aucun montant n’accompagne cette stratégie

Le Département explique avoir conduit une vaste démarche de concertation, avec une enquête ayant recueilli 4 866 contributions et plusieurs séminaires de travail avant la création de la marque. Il détaille également cinq objectifs : renforcer l’attractivité, fédérer les acteurs du tourisme, développer un tourisme plus équilibré et promouvoir un modèle durable. Bref ! Du bla-bla d’ia. Mais aucun montant n’accompagne cette stratégie. Dans le même temps, Kleber Mesquida explique que la collectivité a dû réduire certaines politiques, poursuivre les économies et qu’elle reste dépendante de recettes exceptionnelles, qu’il juge lui-même non pérennes.

Cette absence de chiffrage officiel impressionne d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une opération ponctuelle. Une marque territoriale implique généralement une identité visuelle, une animation dans la durée, des supports de communication, des campagnes de promotion et un réseau chargé d’en assurer le rayonnement.

Nous avons sollicité le Département afin d’obtenir le coût global de création de « L’Hérault, Sud prenant », son budget annuel, les éventuels marchés publics passés dans le cadre de cette opération ainsi que les crédits consacrés à la campagne de lancement. Au moment de la publication de cet article, ces éléments ne nous ont toujours pas été communiqués.

La question demeure donc entière : dans un contexte où chaque euro est présenté comme compté, combien le département finance-t-il réellement pour faire rayonner le « Sud prenant » ?

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