Trains : la LNMP, ligne de tous les dangers ?
Alors que Sète Agglopôle Méditerranée lance sa campagne de concertation en invitant les habitants à donner leur avis sur le développement du territoire, l’association Alerte LGV – Thau répond « volontiers ! Mais à condition de disposer de toutes les informations ! ». Dans un communiqué, elle énumère tous les éléments cruciaux qui lui semblent manquer au débat.
Le 2 octobre 2025, le Bureau communautaire s’est réunit à Balaruc-les-Bains, pour la restitution d’une étude commandée par l’Agglomération à des experts indépendants sur le projet de LGV entre Montpellier et Béziers, suite aux demandes exprimées en mai dernier par une motion déposée par les élu·es de Sète.
Une étude « indépendante » rendue mais restée confidentielle
Le compte-rendu de cette séance est publié sur le site de l’Agglomération mentionnant que l’étude questionne les coûts du projet, sa pertinence et les promesses de la SNCF. « Elle confirme les craintes d’Alerte LGV Thau » affirme le communiqué qui regrette toutefois «qu’à ce jour, l’étude et le rapport n’ont eu aucune publicité». Interpelé sur cette absence de publication, l’agglomération inviterait à venir poser les questions lors des réunion publiques qu’elle organise.
Quid de l’avenir de la ligne historique ?
Le même défaut d’information affecterait les projet concernant l’avenir de la ligne actuelle dont le submersion est prévisible sur certains tronçons. Compte-tenu de l’accélération du réchauffement climatique, le calendrier se resserre. Aussi l’association ALT interroge : « Combien coûteraient ces travaux et l’entretien de la ligne historique ? Qui paierait ? Quels ouvrages seraient créés ? Où ? Quand ? Quand la population serait-elle consultée ? ».
Concernant la suppression à terme des TGV sur la ligne actuelle et par conséquent la desserte de la gare Sud-de-France, les questions sont elles aussi précises : « Qu’en est-il de la candidature de Montpellier à l’obtention du SERM (Service Express Régional Métropolitain) ? Quelles garanties de la mise en œuvre du SERM ? Comment sera-t-il financé ? Si la ligne historique est impraticable, où circuleront les TE R ? Sans le SERM , quelles solutions de transport pour les habitants, les touristes, les curistes, les acteurs économiques ? » Or on sait d’ores et déjà, est-il précisé dans le communiqué, que l’hypothèse d’ajouter des trains n’est même pas garantie par SNCF Réseau.
Pourquoi s’engager sans garantie ?
Faute de réponse à ces questions, ALT trouve tout à fait hasardeux que l’Agglomération s’engage sur la LNMP, « sans garantie pour la population de bénéficier d’un service public ferroviaires adapté à ses besoins ? ». Elle rappelle la proposition qu’elle a formulée de réduire la vitesse de la future ligne à 220 km/h, ce qui permettrait selon elle « un parcours sinueux », plus favorable « à la préservation des zones sensibles et représentant une économie de 30 % sur les coûts des infrastructures, et un accroissement du nombre de trains de fret ». L’association se plaît également à imaginer la création d’une « réserve foncière pour une nouvelle gare » [entre Montpellier et Béziers]. C’est pourquoi elle demande aux autorités si cette perspective a été étudiée et qu’est-ce qui s’y opposerait ? L’association considère que si ces informations ne sont pas fournies en amont des réunions publiques, la transparence revendiquée par l’agglomération dans la définition de son schéma d’aménagement du territoire «restera un mot creux».
En toutes hypothèses, les membres de cette association et celleux du Collectif Contre la LGV ni ici, ni ailleurs, ainsi que de nombreu·ses associations et citoyen·nes ne manqueront pas de venir poser leurs questions et chercher des réponses, lors des réunions organisées du 10 novembre au 8 décembre prochains.
