Michaël Delafosse : un maire attaché à la liberté, vraiment ?

Caroline Yadan, Yonathan Arfi, Michaël Delafosse et Barbara Butch - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO
Caroline Yadan, Yonathan Arfi, Michaël Delafosse et Barbara Butch - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO

Michaël Delafosse ne laisse pas passer la moindre occasion de faire parler de lui en se joignant à la meute médiatique qui fait de la « lutte contre l’antisémitisme » l’alpha et l’oméga de la chasse aux défenseurs du droit international et notamment des droits du peuple palestinien à vivre en paix. Dans un tweet, le maire de Montpellier assure de son soutien Barbara Butch dont le DLset a été interrompu à Grenoble, et dit l’attendre à Montpellier.

« Nous ne céderons pas à l’intimidation », écrit fièrement le maire, comme si lui-même était menacé, « car nous sommes attachés à la liberté et à la culture ». Vraiment ? À la nuance près que lui, comme tous les autres signataires de la tribune de soutien à la loi Yadan, limitent la liberté à la frontière de leurs propres convictions. Alors que l’antisémitisme est déjà clairement défini et sanctionné par la loi, ces dernier·es voudraient l’étendre encore davantage jusqu’à criminaliser toute critique à l’égard de l’État d’Israël (ce qui ferait le seul pays au monde échappant à tout débat ou contestation politique alors que l’ONU et la Cour Pénale Internationale ont reconnu le risque génocidaire). Étrange conception de la liberté que de vouloir en restreindre ainsi le champ.

Tweet de Michaël Delafosse le 24 juillet 2026 à l'attention de Barbara Butch
Tweet de Michaël Delafosse le 24 juillet 2026 à l’attention de Barbara Butch

Avant même l’adoption de cette proposition de loi (que le gouvernement macroniste va maquiller pour échapper au rejet massif qu’elle a suscité), ses dispositions sont déjà en partie appliquées à Montpellier.

C’est ce que démontre Alban Desoutter, responsable de la Libre pensée 34, qui dresse l’inventaire de toutes les atteintes à la liberté d’expression perpétrées à Montpellier : « Refus systématique de salles pour les associations qui défendent la Palestine; PV de la police municipale à chaque installation d’un simple barnum, 40 PV de la police nationale pour participation à une manifestation non autorisée lors des mobilisations contre le génocide; Réunion commune entre la préfecture et la mairie pour annoncer le harcèlement préfectoral contre les mobilisations en faveur de la Palestine; Environ 50 arrêtés préfectoraux d’interdiction totale ou partielle de manifestations ; Modification du règlement intérieur de la métropole pour empêcher LFI d’avoir un groupe d’opposition ; Plaintes en cascade contre des militants (en particulier BDS-UP Mtp) qui se sont exprimés pour dénoncer le génocide ou qui ont jeté de la gouache sur un drapeau américain; appel d’un sénateur PS à criminaliser les juges qui cassent les arrêtés d’interdiction des manifestations; Pressions et sanctions déguisées dans divers secteurs contre des membres d’associations qui dénoncent le génocide; Saisie de matériel sonore par la police lors de rassemblements ; Organisation de perturbations d’audience par des militants pro-Israël proches de la mairie (CRIF), lors d’un recours contre un arrêté préfectoral porté par la LDH et LP ; Refus de toute autorisation d’occupation du domaine public et contrôle systématique par la police municipale ; Harcèlement policier durant toute la nuit lors des « 24 heures pour Rafah » ; Et bien sûr : soutien total à Israël et à son ambassade, accueillis gratuitement dans les locaux de l’Hôtel de Ville… Il ne s’agit donc pas de « liberté », mais de soutien à Israël », conclut Alban Desoutter

Comme tous ces défenseurs de la liberté d’expression en mode « loi Yadan », qui font aujourd’hui de Barbara Butch leur nouvelle égérie, on n’a guère entendu ces bonnes âmes outragées qui crient, entre deux incendies, au « lynchage en direct » et à la « lapidation », ni le valeureux professeur d’Histoire qui semble ne rien en retenir, s’indigner du licenciement de l’humoriste Guillaume Meurice, du boycott radical de Blanche Gardin, des interdictions de concerts de Médine ou du groupe irlandais Kneecap (qu’eux-mêmes réclament au nom de l’ordre public), ou des perturbations assumées de l’émission de Akim Omiri sur Radio Nova… Quant à faire passer la contestation d’une prise de position politique de la DJ en acte antisémite au prétexte qu’elle serait « de confession juive« , c’est très précisément la supercherie de la loi Yadan.

Non, ce n’est pas à la liberté que Mickaël Delafosse est « attaché », mais au CRIF, ce triste lobby communautariste que se prétend « représentatif des institutions juives de France » et qui n’est en réalité que le porte-voix du gouvernement génocidaire de Benyamin Netanyahou. Il existe en France d’autres voix juives, comme celle de l’Union Juive Française pour la paix (UJFP) qui appelle à ne pas confondre lutte indispensable contre l’antisémitisme et soutien indigne à la politique d’Israël ou encore le collectif juif décolonial Tsedek (Justice en hébreu).

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