Marche pour le Climat le 26 septembre à Montpellier: (re)mobilisation face à l’urgence climatique

Marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale rendez-vous le 26 septembre 2026 - Photo - VP / PLURIELLE INFO
Marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale rendez-vous le 26 septembre 2026 - Photo - VP / PLURIELLE INFO

Ce mardi, les organisateurs de la « Marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » du 26 septembre ont dévoilé leur démarche aux journalistes. Citoyens, militants et organisations ont fondé pour l’occasion un collectif, le Mouvement du 26 septembre. 258 mobilisations sont déjà recensées en France, avec plus de 1000 organisations signataires. Sept ans après les marches historiques de 2019 pour le climat, ils rappellent le triste bilan de l’époque récente : étés caniculaires, mégafeux, projets de mégabassines, coupes dans le Fonds Vert. À Montpellier, la marche donne rendez-vous sur l’Esplanade Charles de Gaulle à 12h le 26 septembre.

Le Mouvement s’appuie sur une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron. Celle-ci met en cause la responsabilité du Président de la République dans la crise climatique actuelle. La lettre, se voulant aussi appel à la mobilisation, déroule ensuite ses propositions.

Colère, oui ! Mais surtout des mesures concrètes

En effet, la Marche du 26 septembre n’est pas seulement l’expression d’une colère, elle formule un ensemble cohérent de mesures concrètes. Parmi elles, l’inscription dans la loi de la protection des travailleurs durant les périodes de chaleur, une hausse des moyens pour les secours ou encore l’interdiction d’ouvrir un nouveau projet d’exploitation d’énergie fossile. Pour les financer, ils proposent une taxe des superprofits des énergies fossiles, de l’armement, et un impôt climatique sur les plus hauts patrimoines.

« On nous a traités d’écoterroristes » Cathy Valat

« On nous a traités d’écoterroristes » déclare Cathy Valat, membre d’Alternatiba. La militante a passé en revue les mobilisations récentes contre différents projets écocidaires: mégabassines, A69. Pour les organisations écologistes, le gouvernement offre bien plus souvent répression et discrédit plutôt qu’écoute et protection. Ainsi, le Mouvement du 26 septembre lie étroitement justice sociale et changement climatique. La Marche pour le climat se fait aussi pour « le vivant, la paix et la justice sociale ». Les personnes touchées par la crise climatique sont les plus précaires, les plus isolées et les plus vulnérables, la crise ne faisant qu’aggraver leur situation. Ils rappellent alors que la diminution des moyens alloués à la protection de l’environnement profite à d’autres secteurs, tels que celui de l’armement (doublement du budget des armées entre 2017 et 2027) ou des énergies fossiles, alors que Total enregistre 11 milliards d’euros de bénéfice au premier semestre 2026.

Traduire les mobilisations à venir en actes politiques durables

Les mobilisations de 2019 pour le climat, qui ont été un vrai succès à Montpellier (entre 8 000 et 12 000 manifestants pour la marche du 16 mars), sont un enseignement pour les organisateurs. Si elles ont mobilisé un grand nombre, elles n’ont pourtant pas été traduites en actes politiques durables. La Marche du 26 septembre se veut alors plus impactante. Elle comprendra son lot de nouveautés, comme une cantine populaire ou des forums participatifs. L’objectif de ces derniers est de créer des temps d’échange collectifs prenant en compte l’expertise de citoyens au contact de la dégradation de l’environnement (métiers de l’eau, de la biodiversité, sapeurs-pompiers). À part cela, les organisateurs affichent et se montrent confiants quant à leur capacité de mobilisation. « Deux millions de signatures sur une pétition en moins de trois semaines [contre la loi Duplomb en 2025], en 2019, on n’y serait pas arrivés », déclare Denise, citoyenne engagée pour la Marche.

Un 26 septembre résolument politique

La mobilisation de ce samedi 26 septembre est résolument politique. Le Mouvement intègre dans son calendrier d’autres mobilisations telles que la grève de la fonction publique du 29 septembre ou le retour des Gilets Jaunes le 17 octobre. Il ne revendique aucune affiliation partisane et préfère insister sur le poids des associations et des citoyens pour faire pression dans les décisions. Lorsqu’interrogés sur les liens entre les partis politiques et le Mouvement, un des organisateurs décrit leur démarche comme « apartisane et apolitique » avant d’être repris par les autres, pour ne garder que l’adjectif « apartisan ». Reste à savoir s’il s’agit d’un simple lapsus ou l’expression d’une zone de flou concernant la définition du projet en interne.

Les propositions de changements sont posées, et les organisateurs sont forts de l’expérience des mobilisations précédentes. La classe politique dirigeante n’a plus qu’à se saisir des revendications portées, ce qui apparaît compliqué dans la mesure où la stratégie du « en même temps » défavorise toujours ceux qui subissent le plus fortement la crise climatique, sociale et économique.

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