À Sète, environ 400 personnes ont bravé une pluie torrentielle pour dire leur colère et leurs espoirs d’un changement de politique. Devant la mairie qui déclare sur son fronton que les pêcheurs « sont sa fierté », les manifestant·es ont surtout mis en exergue la convergence des revendications et des luttes de toutes les catégories de la population.
Les discussions vont bon train sous les parapluies. Le personnel du lycée Joliot Curie en grève tient sa banderole. La détermination est là.
Refus du projet de budget 2027
Au nom de l’intersyndicale CFDT, de la CGT, de FO et de la FSU, Geneviève Coindoz a ouvert sa prise de parole par un constat cinglant : « Carburants, logement, alimentation, loisirs… tout augmente , sauf nos salaires ! » pour constater que les projets gouvernementaux annoncent le pire « Avec les budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027, le gouvernement veut encore faire payer les salarié.es, les retraité.es et les malades plutôt que les grandes entreprises et les ultra-riches. » Affaibli, le pouvoir peut reculer devant le rapport de force qui s’installe et ne cesse de grandir.
Soutien aux lycéennes et étudiantes
Même si la date de cette journée d’action était fixée depuis longtemps, les syndicats n’oublient pas de rendre hommage à la jeunesse .« Si nous sommes aujourd’hui dans la rue, nous le devons aussi largement à la jeunesse, aux lycéens et aux étudiants qui se sont levés dès octobre dans tout le pays, y compris à Sète, pour défendre leurs revendications très concrètes, à savoir : La suppression de ParcourSup, pour des effectifs de classes moins chargés avec devant eux des professeurs qualifiés, dans des locaux décents qui ne soient plus des bouilloires l’été et des glacières l’hiver. » Or il se trouve qu’à Sète, cette question de l’adaptation thermique se pose dès la maternelle et l’élémentaire et mobilise les parents. L’oratrice rappelle que les lycéens « ont chiffré leurs besoins à 10 milliards, leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues, nos organisations les soutiennent .»
Un pouvoir sourd à la colère populaire
Bien entendu, les syndicats dénoncent les atteintes sans précédent portées au droit de manifester et la répression inouïe opposée au mouvement lycéen. « Nous avons été témoins de milliers d’arrestations de gamins, d’adolescents, nous avons constaté les brutalités parfois mutilantes dont certains ont été victimes, puisque le ministre n’avait donné « aucune consigne de retenue ». Malgré la mobilisation ultra massive du 17 octobre, « le 1er ministre ne nous a pas entendus, encore moins répondu, mais il a maintenu ses choix pour la casse de nos acquis sociaux et surtout pour aggraver la situation de la Sécurité sociale avec l’objectif de faciliter le marché des assurances privées et des fonds de pension qui piétinent d’impatience depuis des années, » constate la porte-parole de l’intersyndicale. Il ne s’est pourtant pas trouvé une voix hier à l’Assemblée Nationale pour voter ce projet de budget 2027 que pas même les macronistes n’osent voter.
Les organisations présentes nous l’assurent : « Toutes les provocations, toutes les destructions de commandos rarement arrêtés ne feront pas taire nos revendications anciennes et légitimes ». Et pas même la pire des météos, car de très nombreux·ses sétois·es sont parti·es ensuite rejoindre le cortège montpelliérain…
