« Le climat, c’est politique » : Les Écologistes de Montpellier appellent à agir sur les causes et les conséquences du réchauffement

Coralie Mantion et Saïd Bouya secrétaires du groupe local Les Écologistes - Photo - LF PLURIELLE INFO
Coralie Mantion et Saïd Bouya secrétaires du groupe local Les Écologistes - Photo - LF PLURIELLE INFO

Face aux épisodes de canicule qui se multiplient, Les Écologistes de Montpellier plaident pour une double réponse : adapter la ville aux fortes chaleurs tout en mettant fin aux projets qui aggravent le dérèglement climatique. Pour les co-secrétaires du groupe local, Coralie Mantion et Saïd Bouya, l’urgence est autant sociale que politique.

« Des phénomènes exceptionnels deviennent la norme », alerte Coralie Mantion, toute nouvelle co-secretaire du groupe local Les Écologistes. Pour elle, les aménagements urbains doivent désormais être pensés en fonction du climat. Elle cite l’exemple de la ligne 5 du tramway, aménagée récemment : « C’est un aménagement de moins d’un an, et pourtant il n’y a aucun arbre alors que l’espace est large. »

Une ville jardin

Pour Les Écologistes montpellierains·nes, cette absence de végétalisation est un non-sens. « Les arbres permettent de diminuer la température de 4 à 6 degrés. Le meilleur climatiseur, c’est l’arbre. » Dans cette logique, l’objectif est bien de transformer Montpellier en une « ville jardin », plus verte, plus ombragée et plus résiliente.

Alors que près de 2 000 décès sont déjà liés aux épisodes de canicule, Coralie Mantion appelle à accélérer les investissements dans les espaces de fraîcheur. « Il y a urgence à mettre des moyens et à créer des oasis dans les écoles et sur les places publiques. » Elle regrette que seulement 10 % des écoles montpelliéraines soient végétalisées, loin derrière d’autres villes comme Lyon.

Au-delà de la végétalisation, elle défend un véritable « droit à la fraîcheur ». « Que chacun ait le droit de pouvoir se réfugier dans un endroit frais », explique-t-elle, en proposant l’ouverture des musées et des bibliothèques en soirée, des parcs la nuit comme à Lyon, des piscines gratuites lors des épisodes de chaleur ou encore des écoles climatisées pour accueillir les habitants des quartiers les plus exposés. « La climatisation n’est pas la solution à tout », rappelle-t-elle toutefois, soulignant qu’un climatiseur rejette lui-même de la chaleur à l’extérieur.

Saïd Bouya, qui de son côté renouvelle son mandat au secrétariat, insiste quant à lui sur les inégalités face aux fortes températures. « Moi, je vis dans une bouilloire thermique. » Il décrit des logements sociaux insuffisamment isolés où la chaleur devient rapidement insupportable. « J’imagine ce que les personnes âgées ou les plus fragiles subissent. Aujourd’hui, rien n’est fait pour remédier à tout ça. »

On va dans le mur… ou pas ?

Il dénonce également le manque d’arbres et certains aménagements minéraux qui aggravent le phénomène. « Le béton emmagasine la chaleur pendant la journée et la restitue la nuit. » Pour lui, le dérèglement climatique est déjà une réalité. « Au Maroc, cela fait dix ans qu’ils vivent la sécheresse. Le dérèglement climatique ne nous attend pas. »

Pour ces deux responsables politiques, adapter la ville est indispensable, mais cela ne suffira pas. « L’adaptation et l’atténuation sont toutes les deux nécessaires », rappelle Coralie Mantion. L’adaptation consiste à protéger les habitants des conséquences du réchauffement, tandis que l’atténuation vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter son aggravation. C’est dans ce contexte qu’elle dénonce plusieurs projets jugés climaticides, comme le contournement ouest de Montpellier ou encore le projet d’incinérateur CSR. Selon elle, ces infrastructures contribueront à augmenter les émissions de CO₂.

« Le climat est politique. Ce sont des choix politiques qui vont faire qu’on va dans le mur… ou pas, » explique-t-elle. Avant de conclure : « La canicule est politique, parce qu’elle est aussi la conséquence de choix politiques. »

Pour les co-secrétaires du groupe local des Écologistes à Montpellier, la réponse à la crise climatique ne peut donc pas se limiter à gérer les vagues de chaleur. Elle passe aussi par des décisions fortes pour arrêter les projets climaticides et engager une véritable transition écologique des territoires.

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