Journées d’été des Écologistes : rester libres pour 2027, unir la gauche pour battre l’extrême droite

Marine Tondelier aux Journées d’été des Écologistes 2026 - Photo - LF PLURIELLE INFO
Marine Tondelier aux Journées d’été des Écologistes 2026 - Photo - LF PLURIELLE INFO

À Grenoble, les Journées d’été des Écologistes qui se tiennent les 20 et 21 ont placé la présidentielle de 2027 au centre des discussions. Si la question d’une candidature écologiste reste ouverte, Marine Tondelier assume de ne rien trancher trop tôt. Mais une chose reste évidente : face à l’extrême droite, les Écologistes veulent travailler au rassemblement de la gauche. La question de 2027 s’est invitée dès les premières discussions. Les militants sont loin d’avoir tous la même réponse.

Pour Nathanaël, venu de Bretagne, « une candidature écologiste ne sert à rien si elle ne s’appuie pas sur les territoires ruraux et les communautés paysannes ». À Montpellier, Goran défend au contraire l’ouverture de discussions avec La France insoumise autour des thèmes qui peuvent rassembler et permettre de battre l’extrême droite.

Dans l’Hérault, Agnès Gizard Carlin, candidate écologiste au Sénat, estime qu’il est « trop tôt » pour se prononcer, tout en s’inquiétant de l’absence éventuelle de candidature écologiste.

Marine Tondelier revendique cette incertitude : « On prendra la bonne décision au bon moment.» Son objectif est de préserver la liberté de décision des Écologistes. Cette décision appartiendra aux adhérent·es.

Une main tendue aux autres forces de gauche

Attendre pour décider ne signifie toutefois pas attendre pour discuter. Les Écologistes ont adressé un courrier au PS, au PCF, à LFI, à L’Après, Génération.s, Génération Écologie, l’UDB et RPS pour engager des discussions. Ils proposent de construire une « dynamique fédératrice de forces de gauche et écologistes ». Le courrier appelle à un «sursaut collectif» avant que « les logiques d’appareil l’emportent sur les logiques d’intérêt général ». La ligne rouge est posée : « Les Écologistes ne seront pas le bulletin de vote qui offre la victoire au Rassemblement national. Jamais. » Pour Marine Tondelier, « l’ennemi, c’est le RN ». Et la gauche ne doit pas perdre séparément une élection qu’elle pourrait gagner ensemble.

Des convergences, mais aussi des désaccords

La question de l’union a également été abordée lors d’une table ronde de l’Union pour l’écologie populaire, prévue au programme des Journées d’été, réunissant Aurélien Le Coq pour LFI, Arthur Delaporte pour le PS et Sandra Regol pour Les Écologistes. Le débat a fait apparaître un socle commun autour de l’urgence écologique et sociale, de la lutte contre la pauvreté, des services publics, de la santé, de l’eau et de la lutte contre l’extrême droite.

Mais les divergences restent importantes sur le nucléaire, l’Europe, le productivisme, les grands projets d’infrastructures ou encore le rapport au pouvoir. Pour Sandra Regol, ces différences ne doivent pas empêcher de construire une dynamique commune. Aurélien Le Coq rappelle toutefois que l’union ne suffira pas à gagner : il faudra aussi reconstruire la confiance et élargir l’électorat de gauche, notamment auprès des abstentionnistes.

Une écologie populaire et républicaine

Au-delà de la stratégie électorale, Marine Tondelier cherche à installer une écologie qui parle du quotidien et du portefeuille, alors que le changement climatique renchérit l’énergie, fragilise les collectivités et aggrave les inégalités. Les Écologistes revendiquent ainsi un « État providence écologique », avec notamment une Sécurité sociale de l’alimentation et une meilleure protection contre les aléas climatiques.

« Quelle souveraineté pour un pays qui dépend des ressources des autres ? Quelle sécurité quand des territoires deviennent inhabitables plusieurs mois par an ? », interroge Marine Tondelier. Pour elle, « l’écologie est la condition de notre existence et donc la condition de notre liberté ».

Mais il faut désormais transformer cet appel en dynamique politique. Les Écologistes ne ferment aucune porte : candidature autonome, rassemblement ou nouvelle configuration, ils veulent conserver leur capacité de choix. Mais en écrivant aux autres forces de gauche, ils posent déjà la question : seront-elles capables de mettre la victoire collective au-dessus de leur logique d’organisation ?

«Face à l’ombre brune qui s’étend, plus que jamais, nous allons faire du vert la couleur de l’espoir », conclut Marine Tondelier.

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