Fête votive de Gallician : une comparaison qui ne passe pas

Fête votive de Galician, enquête est ouverte par la procureure de la République de Nîmes - Photo - DR Printemps de l'Éducation
Fête votive de Galician, enquête est ouverte par la procureure de la République de Nîmes - Photo - DR Printemps de l'Éducation

Quatre jours après le signalement par le collectif « Printemps de l’Éducation contre les discriminations et le racisme » de la présence de plusieurs hommes arborant des tee-shirts portant l’inscription « Une femme, c’est un peu comme une prise jack : si tu l’enfonces correctement, t’as le son qui va avec », une enquête est ouverte par la procureure de la République de Nîmes.

Le 24 juillet dernier à Gallician, sur la commune de Vauvert, plusieurs hommes ont participé à la fête votive du village avec des t-shirts au slogan manifestement sexiste, comparant les femmes à des « prises jack » (femelle évidemment) desquelles on peut sortir du son (sous-entendu, si la prise mâle est bien « enfoncée »).

Le collectif « Printemps de l’Éducation contre les discriminations et le racisme » n’a pas manqué d’exprimer son indignation, photo à l’appui, sur les réseaux sociaux, en rappelant les chiffres des féminicides, des violences sexuelles, du harcèlement et des agressions sexuelles dont sont victimes les femmes en France. Une femme est tuée en moyenne tous les trois jours par son conjoint ou son ex-conjoint en France … quand elles ne sortent plus « le son qui va » ? « On laisse porter un tee-shirt avec ce message, pendant une fête votive, devant les familles, les enfants ? », interroge le collectif

Le maire de Vauvert, Nicolas Maizonnet (RN), tente de minimiser l’affaire. S’il est contraint de ne pas cautionner ces propos, il n’y voit qu’«une blague potache, lourdingue, à prendre au second degré » plutôt que des propos sexistes, a-t-il déclaré à France 3 Occitanie, tout en dénonçant « une volonté d’instrumentalisation, de pointer du doigt la jeunesse rurale ». Si on suit le raisonnement de l’élu, cela revient à assigner la ruralité à la misogynie.

En tous cas, Cécile Gensac, procureure de la République de Nîmes, ne semble pas goûter le second degré et s’en tient pour sa part au premier degré, celui de la loi. Elle a ouvert une enquête, ce 28 juillet, « du chef d’injures publiques en raison du sexe, infraction prévue et réprimée par la loi sur la presse de 1881 ». Cette qualification juridique signifie qu’une personne est poursuivie parce qu’elle est soupçonnée d’avoir publiquement insulté une autre personne en raison de son sexe.

On entend d’ici les vieux comme les jeunes machos, urbains ou ruraux, maugréer « On ne peut plus rien dire ! » Alors qu’ils sachent que non, ce n’est plus possible de comparer des femmes à des objets sexuels ou sexualisés. Au 21e siècle, bannir du vocabulaire courant toute ces expressions sexistes, ce n’est quand même pas demander la lune. C’est demander le respect le plus élémentaire.

 

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