Comment est-il possible qu’en pleine alerte canicule, des personnes vulnérables puissent être expulsées de leur logement, avec de surcroît le concours des forces de police ? C’est pourtant ce qui s’est passé le 7 juillet où une mère et sa fille lycéenne mineure se sont retrouvées à la rue.
Cette expulsion intervient quelques jours après le rassemblement organisé le 30 juin dernier par le DAL et le collectif citoyen de lutte contre le sans-abrisme sous le mot d’ordre « être à la rue tue… aussi en été » et l’entretien ainsi obtenu pour examiner avec la Préfecture quelques cas concrets dont celui de cette famille particulièrement vulnérable. Ce qui fait dire aux représentants de ces associations « Cette mise à la rue est d’autant plus incompréhensible qu’une solution était en voie d’être trouvée et qu’un délai de moins de 3 mois avait été demandé. Rien ne justifiait qu’une expulsion intervienne dans l’urgence, en pleine période de canicule. »
Malheureusement, cette situation n’est pas isolée. Lors de cette rencontre du 2 juillet avec le directeur de cabinet du préfet, Marin Lassalle, et la DDETS, il avait été confirmé que la réduction nationale des places d’hébergement d’urgence serait appliquée dans l’Hérault. « Aucune création de places pérennes n’est prévue et aucun objectif en matière d’hébergement durable n’a été annoncé » s’indignent les associations, « Cette baisse des capacités d’accueil va donc se poursuivre alors même que le nombre de personnes sans domicile continue d’augmenter ». Elles ne cachent pas que « Ces choix budgétaires auront des conséquences directes pour les personnes les plus précaires » ce qui contrevient aux obligations de l’État en matière de droit à l’hébergement, de droit au logement et de protection de l’enfance.
C’est pourquoi le DAL et le collectif citoyen contre le sans-abrisme réitèrent leur demande d’ouverture, jusqu’en septembre, d’un centre d’hébergement accessible 24 heures sur 24 alors que la Préfecture prévoit pour l’heure uniquement l’ouverture d’une salle en journée « pour les personnes sans-abri les plus vulnérables dès lors que le niveau de vigilance orange est activé ». Pour les défenseur·ses du droit au logement, cette réponse demeure « très insuffisante au regard des risques encourus par celles et ceux qui sont contraints de passer leurs nuits dehors. »
Face au risque accru de nouveaux morts dans la rue ( il y en a eu 34 dans les rues de Montpellier l’an passé), les associations exigent la mise à l’abri immédiate de cette mère et de sa fille dans un hébergement adapté à leur situation ; des explications sur les conditions de cette expulsion; l’arrêt de la réduction des places d’hébergement d’urgence et la mise en œuvre de réponses structurelles garantissant le droit effectif à l’hébergement et au logement.
