Combien de temps Jean Moulin aurait-il tenu sous l’œil des caméras intelligentes, des capteurs urbains, des fichiers croisés et des réseaux interconnectés de surveillance qui surplombent aujourd’hui nos rues comme nos vies digitales ? Si l’État pétainiste avait eu à sa disposition les outils technologiques dont on s’apprête à doter la police et désormais certaines mairies, la Résistance n’aurait tout simplement pas existé.
C’est dans ce contexte qu’a éclaté la dernière polémique autour des propos de Mathilde Panot (LFI) sur BFM TV (et largement relayés) qui a évoqué les projets de désarmement des polices municipales et de suppression de la vidéosurveillance, portés par son organisation politique. Sortie sans précaution et sans mise en contexte, la phrase de Mathilde Panot a eu le mérite de faire resurgir des débats fondamentaux sur la place de la police dans notre société, sur l’usage politique de la sécurité et sur la dérive technologique de l’appareil répressif. Elle questionne une évolution silencieuse, mais persistante : la montée en puissance, élection après élection, d’une police municipale armée, aux compétences élargies, de plus en plus imbriquées dans une logique de surveillance généralisée et de répression, souvent déconnectée des besoins réels des habitants.
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