Comprendre. Le groupe Nestlé est jugé devant le tribunal correctionnel de Nancy pour des faits de pollution environnementale dans les Vosges. Dans le dossier : des décharges sauvages de bouteilles plastiques à proximité des sources d’eaux minérales Contrex et Hépar. Une affaire aux enjeux sanitaires, juridiques et écologiques, avec une pollution massive et ancienne.
L’origine remonte à plusieurs décennies. Dans les années 1970, des déchets issus de la production industrielle de bouteilles ont été enfouis et brûlés sur différents sites. Selon l’enquête menée par l’Office français de la biodiversité, neuf décharges ont été identifiées, représentant 470 000 m³ de déchets plastiques, soit l’équivalent d’environ 188 terrains de football recouverts d’un mètre de déchets.
Ces déchets, stockés sans protection des sols, se sont progressivement dégradés. Résultat : une contamination des terres et des nappes phréatiques environnantes, avec des microplastiques en quantité exceptionnelle. Les enquêteurs évoquent des concentrations de microplastiques particulièrement élevées. Certaines mesures font état de dizaines de milliers de particules par litre d’eau. Le parquet parle de niveaux « incommensurables », allant jusqu’à des ratios très supérieurs à ceux observés dans des cours d’eau comme la Seine. Face à la catastrophe écologique, ces données sont contestées par Nestlé, qui affirme que ses propres analyses, réalisées par des laboratoires accrédités, ne confirment pas une telle pollution dans ses forages.
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