Passée complètement sous les radars des médias français, une résolution qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de « crime le plus grave contre l’humanité » a été adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Alors qu’avec la loi Taubira du 21 mai 2001, la République française avait reconnu que « la traite négrière transatlantique et celle de l’océan Indien, ainsi que l’esclavage pratiqué à partir du XVe siècle contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes, constituaient un crime contre l’humanité« , elle s’est abstenue en 2026 à l’ONU.
Macabre commerce d’humains
La France n’a en effet pas de quoi être fière dans cette histoire. Pas seulement pour sa courageuse abstention, mais dans sa gestion calamiteuse de l’héritage de cette traite transatlantique comme en témoigne la situation économique, sociale et environnementale de ses territoires d’outre-mer.
Le 25 mars, 123 États (principalement d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie) ont voté pour la résolution. 52 se sont abstenus, dont le Royaume-Uni et toute l’Union européenne, France et Portugal compris, alors qu’elles étaient les puissances initiatrices de ce macabre commerce d’humains. Trois pays ont voté contre : les États-Unis, Israël et l’Argentine confirmant ce que l’on sait : ces pays sont structurellement racistes et suprémacistes.
La plus grande déportation de l’histoire
Si l’information n’a pas franchi la limite de la presse écrite plutôt spécialisée dans les questions internationales, elle a en plus surtout donné lieu à des tribunes polémiques tendant à contester la « concurrence victimaire » ou la « hiérarchisation des crimes contre l’humanité ». Or, la traite transatlantique a représenté la plus grande déportation de l’Histoire par le déplacement – et la vente – de 15 millions de personnes. Organisé par les pays européens dont la France, ce commerce a structuré économiquement et démographiquement le monde d’aujourd’hui entre les continents africain, américain et européen. Il constitue les fondations du racisme structurel qui perdure encore.
Cette reconnaissance tardive d’une injustice historique fondamentale, même si elle a peu d’effets concrets en termes de réparation, est plus que bienvenue, au moins pour en mesurer ses conséquences contemporaines et apporter des réponses susceptibles de redonner leur pleine dignité aux descendants de cette traite.