L’été dernier, 409 personnes sont décédées en France des suites d’une noyade. Depuis le début de la vague de chaleur, on compte déjà huit personnes mortes noyées, principalement dans des cours ou des plans d’eau, et deux sur le littoral atlantique .
Les noyades sont la 1ère cause de « mortalité de la vie courante », hors accidents de la route et accidents du travail (qui eux aussi ont tendance à augmenter en période de forte chaleur). Face aux risques de noyade qui augmentent proportionnellement à la fréquentation des plages et des points d’eau quand il y a des vagues de chaleur comme celle qui s’abat sur la France depuis une semaine, il est fortement conseillé de se baigner avec un minimum de précautions et dans des zones surveillées. L’augmentation de 16% du nombre de noyades entre 2024 et 2025 ( dont 57 enfants et adolescents) posait déjà avec acuité la question de la prévention et de la surveillance. Qu’en sera-t-il cette année ?
Du coté prévention, la Fédération des Maîtres-Nageurs Sauveteurs estime que règne encore une « méconnaissance des dangers liés aux activités aquatiques ». Cette fédération préconise le passage à l’école un « brevet de sécurité aquatique » comme il en existe un pour la sécurité routière, brevet qui devrait être renouvelé à l’adolescence.
Voies Navigables de France (VNF), l’établissement public qui gère les 6 700 kms de voies d’eaux, avait publié avant de week-end de la Pentecôte un communiqué avertissant : « En dehors des espaces aménagés, les risques liés à la baignade sauvage sont importants, voir mortels, notamment à proximité des écluses, barrages, bateaux ou lors de sauts depuis des ponts », rappelant que s’y trouvent souvent « des blocs de béton, pieux métalliques, amoncellement de roches ». On a pu voir circuler les vidéos de l’intervention musclée des forces de police pour interdire baignades et sauts dans le Canal Saint Martin à Paris. Cela ne représente pas grand chose par rapport aux 6 700 kms de voies d’eaux du territoire national sur lequelles les adolescents et jeunes adultes savent dénicher les coins de fraîcheur gratuite.
Côté surveillance, la situation est préoccupante. Non seulement il n’est ni possible ni souhaitable de mettre sous surveillance tous les lieux « baignables » mais même ceux qui sont censés être sécurisés ne le sont pas correctement. Toujours selon la Fédération Française des maîtres nageurs sauveteurs, il manquerait 5 000 maître nageurs pour les 12 000 à 15 000 actuellement en activité. Outre les restrictions budgétaires qui pèsent sur les collectivités, les difficultés de recrutement l’été sont liées au fait que la plupart de ces maîtres nageurs travaillent déjà à l’année dans les piscines et aspirent comme d’autres à prendre des congés, tandis que le recrutement de saisonniers se confronte à divers problèmes dont prioritairement celui de les loger en haute saison dans les régions touristiques.




