À l’approche des sénatoriales de septembre 2026, le fonctionnement de cette élection encore méconnue suscite déjà de nombreuses discussions dans l’Hérault. Pour comprendre les rapports de force à venir, un retour sur le scrutin de 2020 permet de mesurer les équilibres politiques locaux.
Le 27 septembre 2020, quatre sièges de sénateurs étaient à pourvoir dans le département. Contrairement aux élections classiques, les citoyens ne votent pas directement : ce sont les grands électeurs qui désignent les représentants de l’Hérault au Sénat.
Ce scrutin avait marqué une progression importante de la gauche et des sensibilités locales dans le département, sans pour autant contribuer au rajeunissement ou à la féminisation de sa représentation. Hussein Bourgi, porté par une liste socialiste baptisée « Tous unis pour l’Hérault », était arrivé en tête avec 561 voix, soit 22,65 % des suffrages exprimés.
Derrière lui, Jean-Pierre Grand, soutenu par la droite républicaine, conservait un siège avec 420 voix. Christian Bilhac, sur une ligne radicale et divers gauche, obtenait également un siège avec 356 voix, tandis qu’Henri Cabanel était réélu avec 315 voix.
Plusieurs formations restaient en retrait malgré des scores non négligeables. Joseph Francis, classé divers droite, recueillait 234 voix sans parvenir à décrocher un siège. Les écologistes de Zina Bourguet obtenaient 149 voix, devant la liste du Rassemblement national conduite par Franck Manogil avec 118 voix.
Le scrutin de 2020 s’était déroulé dans un contexte particulier : quelques mois auparavant, les municipales avaient vu les socialistes reconquérir Montpellier avec l’élection de Michaël Delafosse. Un élément important puisque les sénatoriales dépendent largement des équilibres municipaux.
Les prochaines sénatoriales, prévues en septembre 2026, devront renouveler ces quatre sièges. Dans un département où les recompositions politiques locales sont nombreuses, mais pas toujours clairement affichées, le vote des maires et des élus municipaux jouera-t-il encore une fois en faveur du conservatisme qui colle à cette assemblée ou préfigurera-t-il un début de changement ?

