Scandale de l’eau en bouteille : comment l’État a édulcoré un rapport sanitaire pour protéger Nestlé

Mineral water - Photo - Conger
Mineral water - Photo - Conger

C’est une affaire d’État, révélée en février 2025 par Le Monde et la Cellule investigation de Radio France, puis documentée dans un rapport explosif du Sénat rendu public ce 19 mai.

À Vergèze, dans le Gard, la multinationale Nestlé a continué à vendre sous le label « eau minérale naturelle » une eau issue de forages contaminés par des bactéries fécales, des pesticides interdits ou des métabolites chimiques, grâce à des filtres illégaux, et à la bienveillance de l’État.

Selon les documents consultés par les journalistes et les sénateurs, l’Agence régionale de santé d’Occitanie ARS avait initialement rédigé un rapport accablant sur la qualité de l’eau exploitée par Nestlé Waters. Mais à la demande de l’industriel, avec l’appui du préfet du Gard, de plusieurs ministères, et de Matignon, ce rapport a été vidé de sa substance. Ainsi Jérôme Bonet, préfet du Gard, a été en contact avec les dirigeants de Nestlé Waters, ce que confirme un mail du responsable local de l’ARS, Guillaume Dubois et aussi un mail du directeur général de l’ARS, Didier Jaffre : « J’ai eu le cabinet de la ministre, la présidente de Nestlé Waters, et le préfet. Nous regardons les documents avant envoi. » Des informations conjointement révélées par Le Monde et la Cellule investigation de Radio France.

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