Le rapprochement était pressenti, voire même naturel. À Montpellier, le mouvement Cause Commune d’Alenka Doulain devient l’ancrage local des Verts populaires, le mouvement écologiste lancé notamment par Julia Mignacca. Une alliance qui dépasse largement le cadre municipal : les deux formations annoncent qu’elles mèneront ensemble, dès cet été, la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2027.
C’est une étape importante dans la recomposition de la gauche locale. À rebours des discussions engagées ailleurs autour d’une éventuelle candidature commune ou d’une primaire, les deux mouvements font le choix de la clarté. « Nous allons faire ensemble la campagne de Jean-Luc Mélenchon », affirme Julia Mignacca, estimant qu’« on ne peut plus attendre » face à l’urgence climatique, sociale et démocratique.
Le discours rompt aussi avec l’écologie portée jusqu’ici par le parti Les Écologistes. Les Verts populaires revendiquent une « écologie populaire », tournée vers les préoccupations concrètes : logements surchauffés, transports, école, énergie ou travail sous les fortes chaleurs. À leurs yeux, les habitants ne rejettent pas l’écologie, mais iels rejettent une écologie « technocratique » et « culpabilisatrice », incarnée notamment par les zones à faibles émissions lorsqu’elles sont mises en œuvre sans alternatives sociales.
Une autre urgence : celle de la démocratie
Pour Alenka Doulain, cette alliance répond à une autre urgence : celle de la démocratie. « La présidentielle est un enjeu municipaliste », défend l’élue d’opposition montpelliéraine. Selon elle, la transformation écologique ne pourra réussir qu’en redonnant du pouvoir aux communes et aux habitants, tout en portant au niveau national une rupture institutionnelle avec la Ve République.
Derrière cette déclaration politique se dessine une nouvelle organisation. Cause Commune conserve son autonomie, mais devient le point d’entrée des Verts populaires à Montpellier. L’objectif est de fédérer collectifs, militants et citoyens autour d’une même stratégie, sans créer un parti supplémentaire. Fonctionnement en réseau, campagnes thématiques et mobilisation de terrain doivent constituer l’ossature de ce dispositif, avec une première campagne de recrutement annoncée pour la rentrée. Bref, remettre les habitant·es au cœur du débat public, redonner le goût de l’engagement collectif et faire de la politique un espace d’action partagé plutôt qu’un simple rendez-vous électoral.
Relier les luttes locales aux enjeux nationaux
Juin 2026. Cette alliance installe Montpellier comme l’un des premiers laboratoires de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Une alliance qui devrait également peser sur les futurs équilibres de la gauche locale. En assumant un soutien anticipé au candidat insoumis pour 2027, tout en cherchant à occuper l’espace de l’écologie sociale laissé vacant, les Verts populaires et Cause Commune prennent le pari de structurer dès aujourd’hui un pôle politique capable de relier les luttes locales aux enjeux nationaux. Une stratégie qui pourrait rebattre les cartes à gauche, bien avant l’ouverture officielle de la campagne de 2027.
Pour Marc Nougier, co-porte-parole de Cause Commune, l’enjeu est désormais de relier les centaines d’initiatives citoyennes qui émergent partout en France. « Nous ne sommes pas juste des boîtes à outils méthodologiques. Nous sommes des acteurs politiques », affirme-t-il, plaidant pour un réseau capable de faire remonter les préoccupations du terrain jusqu’à l’échelle nationale. Même ambition chez Sébastien Chabroud, référent des Verts populaires en Occitanie, qui voit dans ce rapprochement le début d’un « maillage vivant » entre collectifs, associations et citoyens. « Les luttes locales vont gagner en puissance, en coordination et en efficacité », promet-il, et il annonce une campagne de rencontre et de recrutement à la rentrée pour structurer cette nouvelle dynamique.
Stratégie gagnant-gagnant : les Verts populaires (VP) cherchent à devenir le bras écologique de l’espace mélenchoniste sans être absorbés par La France insoumise. Cause Commune, de son côté, gagne un réseau national tout en conservant son identité municipale. Une stratégie qui repose sur une conviction défendue lors de cette conférence de presse : face aux urgences climatique, sociale et démocratique, la « guerre des égos » à gauche ne peut plus tenir lieu de projet politique. « Parce qu’elle ne remplacera pas la lutte et elle ne répondra ni à la crise climatique, ni à la crise sociale, ni à la crise démocratique. Parce que le réel, lui, n’attend pas », conclut Julia Mignacca.

