L’ex juge vénézuélien Maria Lourdes Afiuni libérée… mais de quoi ?

Le Monde et le Figaro ont titré hier des articles annonçant la «libération de María Lourdes Afiuni» juge vénézuélienne, présentée comme « détenue » et « prisonnière politique depuis la fin des années 2000 ». En réalité, cette ex-juge vénézuélienne n’est plus privée de liberté…depuis 2013 !

La juge en question, María Lourdes Afiuni, a été arrêtée en 2009 pour avoir libéré un banquier accusé d’avoir détourné des dizaines de millions de dollars, permettant sa fuite immédiate vers Miami où il vit toujours aujourd’hui (en y possédant un canal de télévision aux États-Unis).

Entre 2009 et 2011, elle est détenue dans une prison pour femmes (l’INOF). Puis entre 2011 et 2013, elle passe en assignation à domicile, avant d’être libérée en conditionnel.

Elle n’est donc plus privée de liberté depuis 13 ans, comme l’indique une vidéo de l’AFP sortie le 14 juin 2013 intitulée « La juge Afiuni libre au Venezuela ».

En réalité, ce qui vient de se produire est la fin définitive de l’affaire judiciaire, avec la levée complète des mesures qui continuaient à limiter sa liberté. C’est ce que rapporte El País le 8 août 2026 : sa famille a reçu la notification mettant fin au procès et « clôturant définitivement » son dossier, ce qui lui restitue sa liberté pleine et entière après plus de seize ans de procédure.

Comment est-on donc passé dans la presse française d’une condamnée libre depuis 2013 à « prisonnière politique depuis 2009 jusqu’en 2026 » ? De l’abus de langage à la fake news, le pas est vide franchi. Dans quel but ?

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