Mobilisation sétoise : gravité, émotion et détermination au rendez-vous

Attentat raciste de Trappes mobilisation à Sète : gravité, émotion et détermination - Photo - IG PLURIELLE INFO
Attentat raciste de Trappes mobilisation à Sète : gravité, émotion et détermination - Photo - IG PLURIELLE INFO
Présidentielle 2027 1er tour Dimanche 18 avril 2027
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Difficile de compter les gens dans la pénombre de la place Léon Blum, mais elles étaient bien entre 200 et 300 personnes venues à l’appel lancé sur les réseaux le matin même. De toutes les générations et avec beaucoup d’enfants qui rappellent par leur seule présence l’impérieuse nécessité de ne pas laisser se propager la parole et les actes racistes.

Comme de coutume à Sète où les agoras se succèdent, mais ne se ressemblent pas, la force organisatrice ouvre le bal des prises de paroles que saisissent très naturellement les citoyen·nes. Commun à toutes les interventions et traversant la foule grave et attentive, l’émotion était sincère, profonde et communicative.

Vitrines plus sacrées que des vies humaines ?

Ainsi  dès que Véronique Mauroy, la présidente de la LDH de Sète bassin de Thau, a rappelle les circonstances de l’attentat raciste et islamophobe du 23 octobre à Trappes et La Verrière, qui a tué Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et gravement blessé cinq personnes, dont une enfant de 12 ans. Le silence s’installe. « Ce tragique événement ne peut être interprété comme un simple fait divers ». Les propos attribués au suspect, qui aurait voulu « venger les commerçants » en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes », signent un crime raciste et interrogent la responsabilité des médias et des responsables politiques qui alimentent les discours racistes, notamment en imputant aux jeunes issus de l’immigration la responsabilité des violences commises le 17 octobre, en dépit des démentis apportés par les tribunaux eux-mêmes. « Toute indulgence, toute ambiguïté, toute alliance, toute complaisance avec les forces, les partis et les idées d’extrême droite est une compromission inacceptable », affirme la présidente de la LDH.

Elle constate que le lundi précédent, des rassemblements à l’appel de l’association des maires de France (AMF), se sont tenus devant plusieurs mairies, notamment à Sète, pour exprimer une indignation face aux dégradations de vitrines survenues lors des événements du 17 octobre. Aussi s’étonne-t-elle ( ou feint-elle d’être étonnée ?) de ne pas avoir encore entendu le maire Hervé Marquez s’exprimer publiquement sur cet attentat raciste : « si les dégradations matérielles suscitent, à juste titre, des réactions, les actes racistes qui s’attaquent aux personnes et peuvent leur coûter la vie doivent également provoquer une mobilisation et une condamnation sans ambiguïté ». La dégradation de biens matériels se situerait- elle au-dessus des vies humaines ?

S’unir localement pour faire front contre le racisme

La LDH appelle à renforcer les convergences locales contre le racisme et les discriminations pour opposer un véritable rempart. « Sur Sète et le bassin de Thau, des dynamiques collectives existent déjà, notamment le collectif de lutte contre l’extrême droite, le collectif pour la paix à Gaza ainsi que STA, « Sète terre d’accueil ». Nous pourrions nous appuyer sur ces expériences pour aller plus loin et développer de nouvelles formes de convergence ».

Propos auquel souscrit pleinement Daniel Kupferstein, coordonnateur du Collectif de Lutte contre l’extrême droite qui annonce la tenue de sa prochaine assemblée le 29 octobre à 18 h à la bourse du travail et l’édition du dernier numéro de son journal, la Vigie. Le représentant de Lutte ouvrière dénonce l’attentat raciste comme résultante d’une stratégie des dominants visant à exacerber les haines pour diviser les peuples.

Puis se succèdent ensuite plusieurs femmes qui prennent la parole pour exprimer leur indignation et surtout leur attente d’un sursaut collectif contre ce qu’elles considèrent toutes comme une menace pour « nos enfants et petits enfants ». L’une d’elles proclame cet espoir en assurant «faisons confiance en l’humanité qu’il y a en chacun de nous », persuadée que l’accession du RN au pouvoir n’est pas inéluctable comme le montre l’exemple brésilien. Elle conclut sous les applaudissements : « On peut gagner dans six mois ». Une autre femme appelle à une minute de silence avant qu’une jeune maman avec son bébé dépose une bougie allumée à la mémoire de Pengo Bossio Wangi et pour la survie de la petite fille de 12 ans criblée de 8 balles à cause d’un fou gavé de haine raciste.

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