Mélenchon à Valence : « Nous sommes prêts à gouverner dès 2027 »

Jean-Luc Mélenchon meeting à Valence le 23 août 2026 - Photo - DR
Jean-Luc Mélenchon meeting à Valence le 23 août 2026 - Photo - DR

À Valence, dimanche 23 août, Jean-Luc Mélenchon a transformé son discours de clôture des Amfis en présentation des axes de reconstruction d’une nation. Dette, incendies, éco-régions, réforme de l’État : le candidat déclaré fixe des objectifs concrets pour changer de cap et prévient que 2027 se jouera moins dans l’unité des appareils de gauche que par la « volonté du peuple ».

« La victoire est possible, car des millions de personnes savent que tout un monde est en train de prendre fin ». Mais pour le candidat, « La responsabilité de cette possible victoire nous fait devoir. » Jean-Luc Mélenchon a entendu les « on va gagner » qui rythment désormais les rendez-vous insoumis. À Valence, il donne un contenu très précis. : gagner, d’accord. Mais pour faire quoi ?

Il ne suffit plus, explique-t-il, « d’égrainer ce qui ne va pas ». Il faut « montrer, enseigner, démontrer » qu’il est possible « de vivre tout autrement. Un programme existe pour cela. Il s’appelle l’avenir en commun« . C’est pourquoi, « La France insoumise est prête à gouverner dès 2027. » Et quitte à postuler pour Matignon et l’Élysée, autant retourner le procès en incompétence : « c’est nous les gens sérieux et responsables. C’est ceux qui nous ont conduits au désastre qui sont les incapables. »

Faire payer les ultra-riches plutôt que présenter la facture aux autres

Premier chantier : les comptes publics. Mélenchon promet d’y « remettre de l’ordre », mais certainement pas avec les coupes budgétaires promises par ses adversaires. Sa recette de chef : faire payer davantage les grandes fortunes et les multinationales, taxer les superprofits, augmenter les salaires, relancer consommation populaire et investissements, et remettre sur la table la « congélation » d’une partie de la dette par la Banque centrale européenne. Puis il s’en prend à ces prédécesseurs : « ce qui est délirant, ce n’est pas de demander de gel de la dette comme le font de très nombreux pays, c’est de ne jamais dire comment vous comptez régler cette histoire de dette et les problèmes de la vie quotidienne des Français ». En 2027, les Insoumis veulent disputer à ses adversaires le costume du gestionnaire sérieux.

« Il faut créer l’État écologique »

« Changement climatique, le mot est presque rassurant ». Effondrement est plus approprié pour LFI. Après les incendies de l’été, les hommages aux pompiers « ne suffisent plus ». Mélenchon promet des bombardiers d’eau français, une autre gestion des forêts et une « conscription écologique » qui organise la « solidarité populaire » pour constituer une réserve formée, mobilisable lors des grandes crises. Le candidat ne parle plus seulement de transition : « je dis vital de tout changer dans nos manières de vivre, de produire et d’échanger. » Et va jusqu’à poser les questions qui fâchent : qu’est-ce qu’il faudra abandonner en termes de production agricole ou industrielle ? Quels territoires protéger ? D’où faudra-t-il, demain, organiser le départ des populations ?

Sa réponse passe par un chamboulement démocratique des institutions : les « éco-régions », organisées non plus à partir de la pseudo « compétitivité des territoires à l’échelle européenne » mais autour des bassins versants et chargées de l’eau, des forêts, des sols, des mobilités ou de la santé environnementale. Avec comme souci premier la santé : « nous sommes tous empoisonnés » et avec une ambition qui dépasse largement le redécoupage administratif : « il faut créer l’État écologique. »

« Le copinage politique n’est pas une compétence professionnelle »

Jean-Luc Mélenchon en profite pour ouvrir un deuxième chantier : l’État lui-même. Pas question, assure-t-il, de remplacer les hauts fonctionnaires par les amis du nouveau pouvoir. À Gabriel Attal, dont il critique les propositions sur la haute administration, il répond : « le copinage politique n’est pas une compétence professionnelle. » Il promet au contraire « un État impartial », où personne ne serait traité différemment en fonction de « son appartenance politique supposée, son adresse ou sa couleur de peau ».

La cible s’élargit : pantouflage, corruption, recul des services publics, bureaucratie livrée aux cabinets de conseil, privilèges des ultra-riches. Pour Jean-Luc Mélenchon, ces dysfonctionnements alimentent une même impression : celle d’un État qui ne remplit plus les missions pour lesquelles les citoyens lui obéissent et paient l’impôt. Sous les quinquennats Macron, « L’État s’est fait hara-kiri au service des marchés ».

En 2027, compter les électeurs plutôt que les candidatures

« Il y a certaines promiscuités politiques qui divisent plus qu’elles ne rassemblent. » Une question semble hanter toute la gauche : qui va gagner ? Jean-Luc Mélenchon tranche : « ce n’est pas une affaire d’unité des appareils politiques. » Pour une présidentielle, insiste-t-il : « le plus important, ce n’est pas le nombre de candidatures, c’est le nombre d’électeurs ». Pour le candidat insoumis, l’unité sera donc d’abord celle des électeurs. Pas question, pour la construire, de raboter le programme jusqu’à obtenir un compromis acceptable par tous les états-majors. La « rupture programmatique et gouvernementale doit être nette, claire » reste son credo. « Tout dépend de la volonté de notre peuple dans son ensemble de vivre ensemble », lance-t-il.

Choix de civilisation. « La France sera au pied du mur en 2027 », prévient-il. Et derrière le bulletin de vote, Jean-Luc Mélenchon pose une alternative bien plus large qu’une ribambelle de candidats ou qu’un duel de candidats : « nous renvoyons chacun à sa conscience… La France va être au pied du mur dans chaque bureau de vote, dans chaque conscience, chaque choix personnel sera l’Histoire, la grande Histoire. Quel principe d’action va la porter ? Chacun pour soi, ou tous ensemble ? Le suprémacisme raciste ou le collectivisme ? » À Valence, le patron des insoumis et de la gauche conjugue déjà le pouvoir au présent et s’inscrit dans l’Histoire d’une nouvelle République et d’une nouvelle France.

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Des zombies politiques à la rescousse des dominants

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?