« Écolières tuées en Iran : 4 minutes à la télé française » ainsi est titré un article du média en ligne « Arrêt sur Images », vigilant scrutateur du traitement de l’information. On le sait depuis longtemps, les vies n’ont pas la même valeur pour leur sélection par les médias selon le degré de proximité géographique, mais surtout selon une hiérarchisation implicite des vies avec d’autres critères plutôt idéologiques, géopolitiques ou même racistes.
On l’a vu récemment dans la différence de traitement entre la mort de jeunes blancs dans des rixes érigés en martyrs nationaux et les victimes invisibilisées d’agressions racistes ou de violences policières. On l’a vu dans le traitement de la guerre contre Gaza pour laquelle l’ONU vient de reconnaître que le nombre de victimes du «droit de se défendre» d’Israël, en majorité des femmes et des enfants, va se révéler 100 fois plus élevé que celles des attaques du 7 octobre 2023. Celleux qui osent s’en indigner sont traité·es de « soutiens au Hamas » ou « d’incitateurs au terrorisme ».
Pour Arrêt sur Images, le traitement des bombardements de l’Iran est symptomatique. « C’est une histoire dans l’Histoire, mais pas la moindre. En Iran, suite à l’offensive israélo-américaine, une école dans le sud du pays a été bombardée, tuant 165 petites filles qui étaient alors en classe, selon les autorités iraniennes. « C’est la guerre », c’est comme ça, peut-on entendre quelques heures plus tard sur BFMTV, dans la bouche du chef du service international de la chaîne », constate l’autrice de l’article, Clara Barge. Quel que soit le chiffre exact des petites victimes, entre 84 et 165 en première approche, et les dénis des armées US et israélienne, l’école a bien été bombardée et cela pendant ses heures d’ouverture. « Insuffisant visiblement pour la télé française, qui n’a consacré que 4 pauvres minutes à cet évènement, dans les 72 heures suivant les évènements. Comment expliquer un tel silence ? Sollicitées, ni LCI-TF1, ni France 2, ni CNews, ni France Info TV, ni BFMTV n’ont répondu à nos sollicitations », déplore ASI. On sait le poids des images dans la fabrication de l’opinion et sa capacité à s’émouvoir.
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