Lutte contre les incendies : promesses évaporées dans la fièvre guerrière

Quand un feu se transforme en incendie -Photo - DR Fachy Marín

Je me couche hier avec 250 hectares de forêts en moins dans le sud Médoc, je me lève ce matin avec 2.000 hectares partis en fumée et 5.000 personnes évacuées au Porge et à Lège Cap Ferret. On peut arrêter un feu de forêt avant qu’il devienne incendie, à condition d’en avoir les moyens et de les avoir à disposition avant qu’il soit trop tard. On ne l’arrête plus quand il est devenu incendie.

Ces moyens, ils avaient été promis-jurés-crachés après les grands incendies du sud Gironde et de la Teste-de-Buch.
Promesse évaporée dans la fièvre guerrière qui frappe nos décideurs depuis que le pompier pyromane Trump leur a intimé l’ordre de consacrer 5% de notre PIB à l’armement.

Et nos fiers-à-bras aux âmes de valet de s’exécuter comme des toutous répondent au froncement de sourcil de leur maître jusqu’à annuler en catimini l’achat des Canadairs promis (déjà insuffisants) pour acheter des avions de combat 50 fois moins utiles et 50 fois plus chers.

Sans compter que les mêmes après avoir transféré la gestion des SDIS aux départements sans leur ajuster les moyens (comme pour le RSA) s’acharnent depuis Sarkozy à leur fermer les sources de financements propres à chaque réforme de la fiscalité locale.

Quand il y a 14 feux en même temps sur le territoire national, scénario actuel appelé à se répéter de plus en plus souvent, ce manque de moyens fait des morts, des déplacés, des vies brisées et des dégâts matériels considérables. Alors bien sûr, 9 feux sur 10 sont dus aux activités humaines, mais cela peut-être l’étincelle d’une clôture électrique mal isolée, d’un pot d’échappement, l’effet loupe d’une bouteille en verre tombée accidentellement du sac à dos d’un promeneur…
Cela ne signifie pas que 9 feux sur 10 soient le fait de malveillants qu’il convient de punir, de je m’en foutistes qui jettent des mégots ou de malades pyromanes qu’il faut soigner, tous ceux-là existent, hélas.

Mais ne parler que de ceux-là exonère la responsabilité de ceux qui refusent les moyens de combattre le feu à sa racine (de la lutte contre le dérèglement climatique aux moyens des SDIS) pour de mesquines raisons que j’allais dire comptables, mais non, la comptabilité n’est qu’un outil et les raisons sont celles de la rentabilité strictement et froidement financière .

Il faudrait rendre obligatoire le chiffrage des dégâts humains prévisibles dans l’élaboration des budgets publics.

Imaginez des budgets où en face des « économies financières réalisées » on aurait une colonne « dégâts humains prévisibles ». Des budgets qui nous diraient : Un milliard d’économies dans les hôpitaux, c’est tant de morts évitables qui ne seront pas évités, êtes-vous d’accord ?  L‘économie du prix de quatre canadairs, c’est tant de milliers d’hectares de forêts (qui limitent le réchauffement climatique) partis en fumée, êtes-vous d’accord ?  250 millions de moins pour le budget de la culture, c’est tant de millions d’imbéciles en plus qui ne seront pas « armés » pour lutter contre le racisme, la xénophobie, le rejet du voisin qui ne rentre pas dans le moule…

Actualisation des chiffres le 24 juillet au matin : 10 000 hectares brûlés et 35 000 personnes évacuées en Gironde.

 

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