Le système de santé à l’épreuve du changement climatique

Canicule et températures extrêmes - Photo - Sung Yoon Jo
Le système de santé est-il en capacité de faire face à la canicule ? - Photo - Sung Yoon Jo

Des progrès en termes d’information de la population et de protection des populations les plus fragiles pendant les périodes de fortes chaleurs ont été faits depuis l’épisode de 2003. Mais il faut faire le constat que les gouvernements successifs n’ont pas pris à leur juste mesure les enjeux que cela implique en termes d’adaptation de nos services publics.

Nous le constatons aujourd’hui en ce qui concerne les bâtiments scolaires. Mais la situation est particulièrement inquiétante au niveau des services de santé car les vagues de chaleur, les inondations mais aussi les feux de forêts augmentent les risques sanitaires, tout en affaiblissant la capacité de réponse du fait d’une situation d’un système de santé sous tension et fragilisé par des sous-investissements chroniques.

Le rapport d’Oxfam pointe les difficultés du système de santé

C’est ce que souligne notamment un rapport de l’association Oxfam, organisme international reconnu pour son expertise, notamment dans le domaine du développement durable, de la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Le constat est en effet sans appel. Les services d’urgences déjà saturés en permanence sont en grande difficulté dès la moindre augmentation, même minime, d’activité, tant lors de période de grandes chaleurs que celles de froid. Les bâtiments hospitaliers, notamment ceux construits à la fin du siècle dernier, sont complètement inadaptés et n’ont pas été rénovés avec des températures dans les chambres des patients qui dépassent les 30 °C. Plus grave encore, le rapport souligne que 36 % des établissements sanitaires et médico-sociaux sont situés dans des zones inondables.

Il est par ailleurs pointé que l’absence d’anticipation des risques aggravera les inégalités de santé déjà existantes. Ainsi, lors de l’été 2025, la mortalité liée à la chaleur a été de près d’un tiers plus élevée dans les dix départements les plus pauvres que dans les dix départements les plus riches.

Reculer pour mieux sombrer

Mais le plus important est la prévention. Des solutions durables existent, mais elles nécessitent un investissement de l’Etat qui fait actuellement défaut. En effet, la succession de budgets de l’assurance maladie assortis de plans d’économies ne permettent ni d’investir ni de maintenir en bon état de fonctionnement l’existant.

L’investissement est aussi nécessaire dans les femmes et les hommes qui font fonctionner le système. Or pour garantir une résilience du système de santé aux situations de crises climatiques, il doit posséder une marge de manœuvre lui permettant de répondre à un afflux soudain de patients. Or aujourd’hui la dégradation des conditions de travail et la faiblesse des rémunérations entraînent une baisse de l’attractivité des métiers de la santé.

Il est urgent de corriger cette situation pour fidéliser celleux en poste et attirer des jeunes, car les besoins ne feront qu’augmenter. Il y a effectivement urgence car la conclusion du rapport est sans appel : « Si rien n’est fait face à la démultiplication des menaces sanitaires à cause du changement climatique, le système de santé est menacé d’effondrement. »

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