La Libre Pensée accuse la préfecture de l’Hérault de criminaliser le soutien à la Palestine

Préfecture de Montpellier - Photo PLURIELLE.INFO
Préfecture de Montpellier - Photo PLURIELLE.INFO

La Fédération unie de la Libre Pensée de l’Hérault dénonce la posture de la préfecture après l’interdiction d’un rassemblement pro-palestinien prévu place de la Comédie à Montpellier le 24 mai. Dans un communiqué publié le 27 mai, l’organisation dénonce une « atteinte à la liberté d’expression » et accuse l’État de reprendre « les éléments de langage » du gouvernement israélien pour assimiler les mobilisations de soutien à Gaza à de l’antisémitisme.

Noeud du problème : un arrêté préfectoral interdisant le rassemblement déclaré par BDS France Montpellier, soutenu notamment par Urgence Palestine, la Libre Pensée, LFI ou encore le POI. La préfecture justifie cette décision par des risques de troubles à l’ordre public, évoquant des précédents incidents, des actions non déclarées et un contexte de tensions autour des manifestations pro-palestiniennes.

Dans son texte, la Libre Pensée estime au contraire que les autorités cherchent à dissuader toute dénonciation des actions militaires israéliennes à Gaza. Elle critique particulièrement le passage de l’arrêté préfectoral mentionnant « la multiplication des actions et manifestations à l’encontre de la communauté juive », y voyant une confusion entre critique politique de l’État israélien et antisémitisme.

L’association affirme qu’aucun incident majeur n’a été recensé depuis trois ans lors des mobilisations locales de solidarité avec la Palestine. Elle relie également cette interdiction à plusieurs procédures judiciaires visant des militants BDS dans l’Hérault ainsi qu’à une précédente plainte pour diffamation déposée par l’ancien préfet François-Xavier Lauch contre un responsable local de la Libre Pensée, plainte finalement classée sans suite.

La préfecture, de son côté, invoque des faits précis pour motiver son arrêté : occupations non déclarées, tensions avec des élus, actions de boycott dans des centres commerciaux et risques de débordements sur la place de la Comédie. Elle considère que l’interdiction limitée à ce périmètre était « proportionnée » au regard des impératifs de sécurité publique.

Face à ces décisions qui constituent une remise en cause progressive des libertés publiques, la Libre Pensée annonce vouloir demander une audience à la préfète de l’Hérault afin d’obtenir « le plein rétablissement de la liberté d’expression ».

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