Désengorgement des Urgences : La ministre Stéphanie Rist a tout faux !

Urgences de l'Hôpital de Sète, comme partout, victimes de l'absence d'alternative en amont et en aval - Photo - Google Maps

Chaque ministre, depuis maintenant 20 ans, présente son plan pour soi-disant désengorger les urgences. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, n’est pas en reste et annonce pompeusement vouloir réduire de 4 millions le nombre de passages aux urgences par an.


Regardons point par point ses propositions et leur échec présent ou programmé :

« Renforcer le filtrage par le 15 » : cette mesure mise en place par l’urgentiste, éphémère ministre François Braun, a surchargé les régulations téléphoniques, du fait de standards téléphoniques sous-dimensionnés, avec un manque chronique de personnels, entraînant des retards au décroché pour les personnes les plus gravement malades.

La solution miracle annoncée s’appelle « le Service d’accès aux soins« , dispositif censé trouver un médecin généraliste afin d’éviter un passage aux urgences. Malgré toute la bonne volonté du monde, le problème de démographie médicale, couplé à un mode d’exercice libéral peu adapté, aboutit à un chiffre très faible de réponses avec moins de 50 000 patients dirigés vers une consultation médicale.

Il s’agit aussi de « mieux orienter les grands utilisateurs » des urgences. Cette appellation stigmatisante qui renvoie à une responsabilité des patients, en s’appuyant sur des exceptions, occulte le fait que 6 millions de personnes en France n’ont pas de médecin traitant.

Le pompon revient à la mesure intitulée « Améliorer la gestion des lits d’hospitalisation ». Le problème mis en avant par les urgentistes a toujours été celui de trouver des lits pour les malades qui restent sur des brancards dans des conditions inadaptées et indignes.

Or depuis l’arrivée d’E. Macron au pouvoir, chaque année entre 2 500 et 6 000 lits ont été fermés, soit près de 40 000 lits depuis 2017. Face à cette situation incontournable à laquelle la ministre ne semble pas vouloir s’attaquer, elle propose de créer des « salons d’attente d’entrée et de sortie d’hospitalisation« . Il s’agit de la logique de la gestion des lits à flux tendu pour pouvoir hospitaliser deux malades dans le même lit au cours d’une même journée.

Enfin, il faut bien encore une fois culpabiliser les « mauvais citoyens » en lançant une campagne d’information du public pour, je cite « les inciter à utiliser les alternatives aux urgences ». Tout cela pourrait nous faire rire si le sujet n’était pas aussi grave, car cette situation est la source de ce que nous appelons pudiquement des « morts évitables ».

Madame Rist, les causes de cette situation sont connues et les réponses à donner le sont aussi. Il s’agit d’une part d’arrêter d’empiler d’année en année des plans d’économies qui mettent l’hôpital et notre système de santé à l’agonie. Alors que vous annonciez votre plan, le premier Ministre ajoutait encore de nouvelles diminutions de crédits.

La deuxième urgence est une réforme de rupture de l’organisation de notre système de santé, avec la régulation de l’installation des médecins, la fin de la rémunération à l’acte pour passer au salariat et la mise en place d’un service public territorial de santé intégrant la médecine de ville, l’hôpital et le médico-social.

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Source d’Issanka le consensus LNMP se fissure-t-il à Sète Agglopôle

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?