Contournement Ouest de Montpellier : 6 mois de sursis pour relancer le débat

Contournement Ouest de Montpellier (COM) - Photo - Vinci
Contournement Ouest de Montpellier (COM) - Photo - Vinci

Le dossier du Contournement Ouest de Montpellier (COM) connaît un nouveau rebondissement avec l’arrêt rendu le 21 juillet 2026 par la Cour administrative d’appel de Toulouse. Celui-ci a choisi de surseoir à statuer sur la Déclaration d’utilité publique (DUP) du projet. Sans l’annuler, il laisse à l’État un délai de six mois pour compléter son dossier avant de rendre une décision définitive.

La Cour administrative d’appel n’a pas remis en cause le principe même du projet, mais elle a identifié plusieurs insuffisances dans son étude d’impact, principalement concernant les risques d’inondation.

Le motif du sursis

Le projet prévoit notamment la consommation d’environ 80 000 m³ de zones d’expansion des crues. Les juges estiment que les mesures de compensation envisagées ne sont ni suffisamment localisées, ni détaillées, ni chiffrées, ce qui a pu altérer l’information du public au moment de l’enquête. L’État dispose désormais de six mois pour compléter ces éléments avant qu’une nouvelle consultation du public ne soit organisée, puis que la Cour rende sa décision définitive.

En revanche, plusieurs autres moyens invoqués par les associations n’ont pas été retenus à ce stade, notamment celui relatif au trafic induit.

La question du trafic induit

Le trafic induit est devenu l’un des principaux sujets de controverse autour des grands projets routiers. Il désigne le phénomène selon lequel l’augmentation de la capacité d’une route ou d’une autoroute peut entraîner, à moyen terme, une augmentation du nombre de véhicules qui l’empruntent. Une infrastructure plus fluide ou plus rapide peut modifier les habitudes de déplacement, attirer de nouveaux trajets ou favoriser un report d’autres itinéraires, réduisant progressivement les gains de circulation attendus.

Les associations opposées au COM considèrent que ce phénomène conduirait à recréer rapidement de la congestion tout en augmentant les émissions de gaz à effet de serre en milieu urbain. La Cour administrative d’appel n’a toutefois pas considéré, à ce stade de la procédure, que cet argument était suffisamment établi pour remettre en cause la déclaration d’utilité publique du projet. Mais le risque est réel.

Une « victoire partielle » selon le collectif Autre COM

À l’origine du recours, le collectif Autre COM, qui rassemble six associations environnementales, salue une « victoire partielle« . Dans son communiqué, le collectif souligne que « la Cour a identifié des lacunes importantes dans l’étude d’impact » et estime que ces insuffisances ont pu influencer la décision administrative.

Le collectif Autre COM demande désormais « l’arrêt immédiat des travaux par Vinci Autoroutes et l’État » considérant qu’il serait « inacceptable de poursuivre des travaux irréversibles alors que la légalité du projet est toujours en suspens ». Le collectif souhaite également que la Commission nationale du débat public (CNDP) soit associée si une nouvelle concertation devait être organisée.

Pour autant, Autre COM rappelle qu’il n’est pas opposé à toute évolution des infrastructures routières. Son projet alternatif prévoit notamment le maintien de l’échangeur actuel, la suppression de plusieurs points noirs par des franchissements dénivelés, des voies réservées aux transports collectifs, des pôles d’échanges multimodaux et des aménagements cyclables. Le collectif défend ainsi un « contournement apaisé » plutôt qu’une nouvelle autoroute urbaine.

Pour Les Écologistes, « l’alternative au COM ne peut pas être le statu quo »

À la suite de cette décision, Les Écologistes Hérault ont également pris position. Dans leur communiqué, ils estiment que « la décision de justice ne doit conduire ni à abandonner les habitants confrontés chaque jour aux embouteillages, ni à poursuivre un projet dont les impacts environnementaux et climatiques sont contestés « .

Le mouvement reconnaît que les difficultés de circulation sont une réalité, en particulier pour les habitant·es des communes rurales et périurbaines qui disposent de peu d’alternatives à la voiture. Il souligne également que la saturation des accès à Montpellier résulte à la fois des déplacements domicile-travail et d’un important trafic de transit, notamment de poids lourds empruntant l’axe A75. Les Écologistes considèrent toutefois que « le COM n’apporte pas de réponse durable » et proposent de remettre à l’étude l’« Autre COM », accompagné d’une politique globale des  transports.

Leur proposition s’articule autour de deux horizons. À court terme, ils défendent le développement des transports collectifs, des voies réservées au covoiturage, des parkings-relais, l’amélioration des infrastructures existantes et une meilleure gestion du trafic de transit. À moyen et long terme, ils proposent de développer progressivement une étoile ferroviaire autour de Montpellier, un réseau express ferroviaire métropolitain, ainsi qu’un rééquilibrage de l’aménagement du territoire afin de rapprocher les logements, les emplois et les services et de limiter les déplacements contraints.

Le précédent de l’A69 dans tous les esprits

La demande d’Autre COM de suspendre immédiatement les travaux intervient dans un contexte marqué par les contentieux autour de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Pour autant, la situation juridique diffère. Dans le cas du COM, la Cour n’a pas ordonné l’arrêt du chantier. Elle a simplement suspendu sa décision dans l’attente de compléments apportés par l’État.

En l’absence d’une décision judiciaire imposant une suspension ou d’une décision politique de l’État, rien n’oblige aujourd’hui Vinci Autoroutes à interrompre volontairement les travaux. Le concessionnaire pourrait donc poursuivre les opérations autorisées pendant la phase de régularisation, même si les associations continuent de réclamer leur arrêt au nom du principe de précaution.

Au-delà du contentieux judiciaire, le débat porte surtout sur le modèle de développement du territoire. Les défenseurs du projet considèrent que le COM est nécessaire pour améliorer les déplacements entre l’A75 et l’A9 et fluidifier les accès à l’ouest de Montpellier. À l’inverse, les associations environnementales et Les Écologistes estiment que la réponse ne peut se limiter à une nouvelle infrastructure routière. Elles plaident pour une approche plus globale, associant transports collectifs, amélioration du réseau existant, maîtrise de l’artificialisation des sols et rééquilibrage de l’aménagement du territoire.

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Des zombies politiques à la rescousse des dominants

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?