Samedi 24 octobre, le 48e Cinemed a annoncé son palmarès par mail. La cérémonie de clôture a été annulée et les projections avancées au matin. La préfète de l’Hérault avait interdit la manifestation prévue l’après-midi dans le centre de Montpellier.
Le festival travaillait déjà sans sa salle principale. Depuis les pluies du 30 septembre, le Corum est fermé. L’eau s’y est infiltrée et la commission de sécurité a refusé sa réouverture. Michaël Delafosse estime sa rénovation à près de 40 millions d’euros, sans date ni planning. Le 5 octobre, la Métropole promettait de présenter « prochainement » un projet de rénovation. Les épisodes méditerranéens violents devraient se multiplier.
Une adolescente qui cherche à vivre libre
Le jury présidé par Thierry Klifa a donné l’Antigone d’or, dotée de 15 000 euros, à Dua, film de la réalisatrice kosovare Blerta Basholli. Le film suit une adolescente qui cherche à vivre libre dans le Kosovo des années 1990, sous tension ethnique et politique.
À Montpellier, des lycéens manifestent depuis des semaines contre la vie chère et le manque de moyens dans leurs établissements. Le 17 octobre, le cortège a réuni au moins 35 000 personnes, avant des pillages en fin de journée. Le 24, l’État a répondu par une interdiction de manifester et un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés dans les centres de Montpellier et de Béziers. Le même jour, une vingtaine de militants d’ultradroite sont allés au contact des manifestants sans que la police intervienne.
Le Kosovo de 1990 et Montpellier en 2026 ne se comparent pas. Dans les deux cas pourtant, des adolescents demandent à compter, et les autorités répondent d’abord par l’ordre public.
Le Cinemed programme chaque année des films venus de pays en crise. Cette fois, la crise a annulé sa propre cérémonie.
Dua sortira en salles le 2 février 2027.
