La hausse continue des prix des carburants ravive les tensions sociales. Samedi 11 avril, l’ancien président de la République François Hollande a mis en garde contre des « colères sourdes », appelant le gouvernement à ne pas sous-estimer les difficultés rencontrées par une partie de la population.
Interrogé par Franceinfo en marge d’une conférence organisée à Paris par le think tank Les Gracques, l’ex-chef de l’État a pointé l’absence de réponses immédiates face à l’augmentation des prix à la pompe. Selon lui, « quand une partie de la population ne peut plus circuler comme elle l’entend », le risque de tensions sociales devient tangible. Il évoque un gazole atteignant 2,40 euros le litre, avec des pics plus élevés localement.
Un gouvernement discret
S’il salue les orientations de Sébastien Lecornu en faveur de l’électrification de l’économie, François Hollande insiste sur le décalage entre ces politiques de long terme et l’urgence vécue par les ménages. « Le gouvernement est discret », observe-t-il, appelant à davantage de vigilance face aux publics les plus fragiles, souvent invisibles dans le débat public.
Dans ce contexte, La France insoumise (LFI) adopte une ligne plus offensive. Le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon plaide de longue date pour un blocage des prix des produits de première nécessité, incluant les carburants. Le parti défend également la baisse de la TVA sur l’énergie et la mise en place d’un mécanisme de plafonnement des prix, inspiré des propositions portées lors de la campagne présidentielle de 2022.
C’est une stratégie plus large de réponse à l’inflation, et LFI met en avant la nécessité d’une intervention directe de l’État pour protéger le pouvoir d’achat, estimant que les mécanismes de marché ne suffisent plus dans un contexte de crises énergétiques et géopolitiques.
Une hausse qualifiée de “flambée”
Le litre de SP95-E10 dépasse les 2 € début avril, avec une hausse d’environ +16 % depuis le début de la crise géopolitique. Le gazole atteint en moyenne plus de 2,25 €/L, un niveau jamais observé depuis des décennies, et les relevés du 8 avril confirment cette dynamique avec un gazole autour de 2,36 €/L. De façon quasi unanime, la hausse est qualifiée de “flambée” ou de “sommets”.
Côté fiscalité, la polémique récurrente, quid des recettes de l’État ? La hausse aurait généré 270 millions d’euros supplémentaires en mars, mais les économistes rappellent que la TICPE ( taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) est fixe et que seule la TVA augmente avec les prix.
Sur le réel, les effets sont immédiats. Les ménages dépendants de leur véhicule, mais aussi les secteurs du transport ou de l’agriculture, subissent de plein fouet la hausse. Y-a-t-il dès lors une “urgence sociale” ? L’ inquiétude dépasse-t-elle désormais le seul débat économique ?

