Barbara Butch : tout ce bruit pour couvrir Gaza

Gaza, massacre et génocide en cours - Photo - Hamda DR
Gaza, massacre et génocide en cours - Photo - Hamda DR

Depuis plusieurs jours, le petit monde médiatique orchestre son spectacle habituel : mines graves, indignations sur commande et accusations d’antisémitisme lancées avant même que les faits soient établis. Un concert perturbé après vingt minutes devient une tragédie nationale, tandis que le génocide à Gaza retourne à l’arrière-plan.

Ce renversement n’est pas un accident : c’est le fonctionnement normal de l’ordre bourgeois, qui décide quelles souffrances méritent les larmes et quelles violences doivent rester invisibles. Barbara Butch n’est pourtant pas une artiste neutre attaquée sans raison. Elle a signé une tribune soutenant la proposition Yadan, dénoncée par les défenseurs des libertés parce qu’elle menaçait d’entretenir la confusion entre antisémitisme, antisionisme et critique radicale d’Israël.

Elle a depuis reconnu qu’elle n’aurait pas dû la signer : acte lui en soit donné, sans faire comme si cette signature n’avait jamais existé. Elle a également mixé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël pendant que Gaza était écrasée sous les bombes. Ce sont des choix publics et politiques. Ils appellent donc une réponse publique et politique. La liberté artistique n’est pas un privilège de classe permettant de participer aux opérations de communication du pouvoir, puis d’exiger le silence du public. Les militants grenoblois ont appelé au boycott et perturbé son set. Je soutiens Allan Brunon et les camarades qui refusent que la culture serve de blanchisserie aux consciences occidentales. Quant aux fameuses bouteilles en verre devenues la pièce maîtresse du récit médiatique, aucune image publique ne permet aujourd’hui d’en établir clairement le lancement. Des objets légers sont évoqués, notamment un gobelet en plastique. Si des actes réellement dangereux, des menaces ou des insultes discriminatoires sont établis, leurs auteurs devront en répondre. Mais on ne transforme pas une allégation en certitude, puis cette certitude en culpabilité collective de LFI, puis cette culpabilité en antisémitisme.

Barbara trouve la guerre atroce - Dessin - Pipo
Barbara trouve la guerre atroce – Dessin – Pipo

Voilà précisément comment fonctionne la propagande : individualiser les violences du pouvoir et collectiviser celles que l’on attribue à ses opposants. Rien ne permet d’affirmer que Barbara Butch aurait été visée parce qu’elle est juive, lesbienne ou grosse. Les motifs de la mobilisation étaient connus et avaient été annoncés : ses engagements politiques. La réduire à ses identités minoritaires pour la soustraire à toute critique, ce n’est pas combattre l’essentialisation, c’est la produire.

Cette affaire révèle surtout une mécanique plus large. Les appareils idéologiques du système commencent par effacer le contexte et fabriquer une victime absolue confrontée à une haine sans objet. Le PS, la Macronie et leurs relais médiatiques assimilent ensuite le boycott d’Israël et la solidarité avec la Palestine à l’antisémitisme. Puis viennent la plainte, la police et la justice pour transformer ce récit politique en répression concrète. Voilà comment l’ordre bourgeois donne à ses intérêts l’apparence de la morale, puis à sa morale la force de la loi.

Quand l’État interdit des manifestations, des conférences ou des artistes propalestiniens, il prétend défendre l’ordre public. Quand des militants interrompent un spectacle, ils deviennent des ennemis de la démocratie.

Quand Israël détruit Gaza, on invoque son droit à se défendre. Quand les Palestiniens résistent, on exige d’eux un certificat de non-violence. La violence dominante possède ce privilège extraordinaire : elle ne porte presque jamais son propre nom. La moindre rupture venue d’en bas devient, elle, un scandale national. Barbara Butch a droit à la sécurité. Elle n’a pas droit à l’immunité politique. Les militants ont droit à la présomption d’innocence. Ils n’ont pas à être abandonnés dès que les plateaux de télévision sonnent la curée.

Et les Palestiniens ont droit à mieux que notre compassion impuissante : ils ont droit à notre solidarité, à notre boycott et à notre résistance. Ils voudraient que nous discutions éternellement du bruit devant une scène pour que nous n’entendions plus les bombes sur Gaza. Nous ne détournerons pas les yeux.

ONU

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé mardi la  récente «intensification» des attaques de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, qui ont fait selon l’agence onusienne au moins 57 morts entre le 13 et le 20 juillet.
Neuf mois après l’annonce d’un cessez-le-feu, «aucun endroit n’est encore sûr pour les Palestiniens à Gaza», a souligné devant la presse à Genève le porte-parole du Haut-Commissariat Thameen Al-Kheetan, déplorant le fait que l’armée israélienne avait «intensifié ces derniers jours» ses attaques sur le territoire, «tuant et blessant des dizaines de Palestiniens». AFP, 21 juillet 2026

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Source d’Issanka le consensus LNMP se fissure-t-il à Sète Agglopôle

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?