Réuni ce lundi 26 octobre à Montpellier en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes, Michaël Delafosse a dénoncé la banalisation des discours de haine. Le maire socialiste réclame l’inéligibilité des personnes condamnées pour racisme ou antisémitisme.
« Nos indignations, nos colères, ne peuvent pas être sélectives, nos silences peuvent devenir complices. » Devant les personnes rassemblées ce lundi 26 octobre, Michaël Delafosse a appelé à une mobilisation sans distinction contre le racisme et l’antisémitisme, après l’attentat de Trappes qui a coûté la vie à un jeune homme de 26 ans et fait plusieurs blessés.
« La France, ce n’est pas une religion, ce n’est pas une couleur de peau », a rappelé le maire de Montpellier, avant de dénoncer la banalisation des discours racistes dans l’espace public.
Les chaînes d’information continue mises en cause
Le maire socialiste a directement mis en cause certaines pratiques médiatiques : « Des chaînes d’information continues laissent des gens sur des plateaux proférer la haine de l’autre. Ces chaînes font mal ! Des propos débridés sont tenus et arment des esprits. » Devant les journalistes, il a prolongé son accusation en dénonçant l’absence de réaction déontologique face à certains propos racistes. Les réseaux sociaux, insuffisamment régulés selon lui, participent également à cette banalisation.
Le maire de Montpellier établit un lien entre la diffusion des discours de haine et le climat dans lequel surviennent les violences racistes. Il ne cite cependant aucune chaîne ni aucun journaliste et n’apporte pas d’élément établissant une influence directe sur l’auteur de l’attentat.
Rendre inéligibles les personnes condamnées pour racisme
Au-delà de la condamnation morale, Michaël Delafosse réclame une modification de la loi. « Quand quelqu’un est condamné pour racisme, pour antisémitisme, il doit être rendu inéligible. » Il insiste devant les micros : « on ne peut pas être élu de la République et, de manière décomplexée, tenir une parole de haine. » Apprécieront certains Héraultais qui ont leur rond de serviette chez CNews. Fermez le ban !
Le droit français prévoit déjà des peines complémentaires d’inéligibilité pour certaines infractions, notamment des délits de discrimination. Le maire ne précise pas si sa proposition consisterait à systématiser cette sanction ou à élargir les infractions concernées.
Un soutien au maire de Trappes et aux mobilisations citoyennes
Michaël Delafosse a également salué l’intervention des policiers et apporté son soutien à Ali Rabeh, maire de Trappes, dont il rappelle la stigmatisation passée par l’extrême droite. « Sa ville, parce qu’elle est une des réalités du pays, celle de la diversité des origines, celle du creuset français, s’est vu vilipender par un leader de l’extrême droite », a-t-il dénoncé, avant de saluer le courage de son homologue.
Interrogé sur sa participation à la marche prévue à 18 heures à Plan Cabanes, il n’a pas confirmé sa présence, mais en a salué l’initiative. Il a également dénoncé les « concurrences mémorielles », et il a rappelé qu’« un crime contre un compatriote pour ce qu’il est est un crime contre nous tous ».
Violences du samedi 24 octobre à Montpellier et militants d’extrême droite
À l’issue du rassemblement, Michaël Delafosse est revenu sur les violences du samedi 24 octobre à Montpellier, impliquant notamment des militants d’extrême droite. Le maire affirme avoir adressé, ce lundi à 11 h 30, un signalement au procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, par courrier et par voie électronique.
« Les vidéos sont ici éloquentes », affirme-t-il, avant de réclamer des investigations et des sanctions contre les auteurs de violences. Il évoque notamment des images montrant un homme qui « délibérément vise quelqu’un » avec une pierre. Delafosse rappelle avoir déjà effectué un signalement similaire après des violences commises par un groupuscule d’extrême droite dans le quartier des Beaux-Arts.
Des vidéos éloquentes, selon le maire. Mais que contiennent précisément les informations transmises au procureur ? Plurielle.info lui a posé une question précise : « dans votre signalement, vous avez aussi fait état de la connivence entre la police et les groupes d’extrême droite ou pas du tout ? »
Le maire ne répond pas directement sur le contenu de son courrier : « C’est à l’enquête de mener ce travail. » Il souligne que « la police, l’immense majorité, a fait son travail », avant de rappeler les obligations déontologiques des fonctionnaires. « S’il y a un manquement à l’exemplarité, il doit y avoir sanction disciplinaire, révocation », déclare-t-il.
Il y a donc une information que le maire n’a pas donnée : son signalement au procureur mentionne-t-il, oui ou non, les soupçons de connivence entre certains policiers et des militants d’extrême droite ?
