Le symbole était soigneusement choisi. Le nouveau lycée de Cournonterral porte désormais les noms d’Élisabeth et Robert Badinter. Mais derrière l’hommage aux valeurs républicaines, l’organisation de son inauguration, jeudi 10 septembre, fait grincer quelques dents.
Construit et financé par la Région Occitanie pour 52 millions d’euros, l’établissement doit accueillir à terme 1 400 élèves. Zina Bourguet, conseillère régionale écologiste, présente aux côtés de Carole Delga et d’Élisabeth Badinter, salue « un établissement tourné vers l’avenir, l’innovation et la transition écologique ».
L’élue de la majorité Delga à la Région insiste sur l’héritage des Badinter. Robert pour « son combat inlassable contre la peine de mort, pour la justice et la dignité humaine », Élisabeth pour « son combat pour la liberté, l’émancipation et l’égalité des femmes ». Et de rappeler qu’« ils ont consacré leur vie à défendre une certaine idée de la République ».
Une République dont l’inauguration s’est pourtant déroulée sans une partie de ceux qui la font vivre localement.
Sylvain Carrière, député LFI-NFP de la 8e circonscription de l’Hérault, affirme n’avoir reçu aucune invitation. Selon son communiqué, la population n’était pas davantage conviée. Plus troublant, l’inauguration aurait d’abord figuré dans l’agenda publié sur le site de la ville de Cournonterral avant d’en être retirée.
Le parlementaire dénonce ainsi une « inauguration à huis clos » et une « invitation à géométrie variable des élus ». Bien qu’il indique qu’il aurait pu s’y rendre sans invitation, il a choisi de ne pas participer à la cérémonie « par solidarité envers la population ».
Le contraste est difficile à manquer. D’un côté, une cérémonie consacrée à la transmission, à la démocratie et à l’émancipation. De l’autre, un équipement public à 52 millions d’euros inauguré sans ouvrir largement ses portes aux habitant·es et sans inviter le député du territoire.
À Cournonterral, l’héritage Badinter était célébré sur la façade. Pour le pluralisme républicain, il faudra peut-être prévoir une deuxième inauguration.
