« You’re fired! » : Trump perd le Congrès, le spectacle tourne à la débâcle 

Trump at Lincoln Memorial - Photo - Bloomberg Television
Trump at Lincoln Memorial - Photo - Bloomberg Television
Présidentielle 2027 1er tour Dimanche 18 avril 2027
dans 164 jours

[EDITO] « You’re fired! » : Donald Trump vient d’entendre la phrase qui l’a rendu célèbre. Cette fois, ce sont les électeurs qui la prononcent : « tu es viré ». Il avait transformé la Maison-Blanche en plateau de télé-réalité, la diplomatie en concours de virilité et la politique en spectacle permanent. Mardi 3 novembre, Donald Trump a découvert une règle qu’aucun de ses producteurs ne pouvait réécrire : ce sont les électeurs qui décident de la fin de l’épisode.

Cette fois, le public a vraiment sifflé la fin. « You’re fired! » Les démocrates reprennent la Chambre des représentants et le Sénat. Pire pour Trump, ils gagnent jusque dans des bastions républicains comme le Texas, le Kansas ou la Caroline du Sud. Ce n’est plus un simple avertissement électoral. C’est une défaite nationale.

Ancien magnat des casinos, dont plusieurs ont fini en faillite, puis animateur de télé-réalité, Donald Trump avait bâti sa carrière politique sur une recette classique : provoquer, insulter, menacer, mentir, puis recommencer. Une recette qui joue sur la peur, capte l’attention et exploite un vieux mécanisme psychologique : à force d’entendre un mensonge, on peut finir par le prendre pour une vérité. Trump n’a pas inventé cette mécanique déjà théorisée par Gustave Le Bon en 1895. Il l’a simplement transformée en spectacle permanent, avec des millions de téléspectateurs et scrolleurs pour public et la Maison-Blanche pour décor. Du bétail à consommer de la pub s’est transformé en consommateurs béats d’un spectacle de télé-réalité permanent, ils ont fini par prendre les dingueries de Donald pour de la politique. Mais derrière les délires du personnage, les affaires restent parfaitement rationnelles : selon Forbes, sa fortune a augmenté de 2,7 milliards de dollars depuis son élection de 2024, pour atteindre 7 milliards en septembre 2026. Le spectacle est grotesque, le spectacle tue, mais la caisse enregistreuse fonctionne.

Derrière ce spectacle, les Américains survivent et paient leurs factures. Les prix flambent, les droits de douane pèsent sur l’économie et la guerre contre l’Iran alimente de grosses inquiétudes. Près de neuf électeurs sur dix citent le coût de la vie comme un facteur important de leur vote. Les discours tonitruants ne remplissent pas les réfrigérateurs. La bêtise raciste non plus. Trump peut continuer à jouer au chef de guerre, à désigner des ennemis partout à l’intérieur comme à l’extérieur et à confondre ses intérêts avec ceux de l’Amérique. Ses électeurs de 2024 ne lui ont pas tous renouvelé leur confiance.

Le plus dingue reste sa capacité à gouverner par l’excès, comme si chaque journée devait surpasser la précédente dans la démesure. Ça, c’est la mécanique de la télé-réalité où chaque épisode doit être plus fort que le précédent. Quand les décisions d’un président ressemblent aux scénarios les plus délirants, le problème dépasse largement le spectacle. Comment réveiller l’esprit critique d’un électorat républicain abreuvé de propagande, marqué au fer rouge par des années de provocations et de mensonges ? Comment passer de la colère du consommateur qui voit son pouvoir d’achat fondre à la conscience du citoyen qui voit ses libertés reculer ? Car derrière les factures qui explosent, il y a aussi les opérations de l’ICE, les expulsions, les familles séparées et les droits fondamentaux malmenés.

La faillite morale d’une partie du peuple américain, après tant d’épisodes de la série Trump, serait de ne s’indigner que du prix de la vie, en oubliant la valeur d’une vie.

À partir de janvier, le Congrès pourra enquêter, contrôler et lui opposer des refus. Trump conserve pourtant son droit de veto et une large autorité présidentielle. Hélas, le spectacle est donc loin d’être terminé.

Quant aux extrêmes droites européennes, cette défaite est aussi un avertissement. Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs amis ont beau flatter Donald Trump, ils oublient que le président américain défend d’abord les intérêts des États-Unis, pas ceux de l’Europe. En encourageant les nationalismes et les divisions, Trump trouve chez ses admirateurs européens de précieux alliés pour affaiblir une Union européenne qui reste une puissance économique capable de tenir tête à Washington. Ces patriotes autoproclamés sont déjà les idiot·es utiles d’une stratégie américaine dont leurs propres pays feraient les frais.

Compte à rebours Présidentielle 2027 · 1er tour
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Dimanche 18 avril 2027 · ouverture des bureaux de vote à 8h

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