Montpellier : des militants d’extrême droite frappent des manifestants, la protection policière mise en cause

Des manifestants dispersés, des militants d'extrême droite protégés à Montpellier le 24 octobre 2026 - Photo - Video David Hutin
Des manifestants dispersés, des militants d'extrême droite protégés à Montpellier le 24 octobre 2026 - Photo - Video David Hutin

À Montpellier, les groupuscules fascistes semblent épouser la chorégraphie des policiers et s’intégrer parfaitement au ballet des matraques. Les violences documentées par Le Poing imposent d’établir pourquoi des manifestants ont pu être frappés par des militants d’extrême droite à proximité des policiers chargés de les protéger.

Samedi 24 octobre, alors que 6 300 personnes selon la préfecture manifestaient malgré une interdiction préfectorale, des militants d’extrême droite ont agressé des manifestants à proximité des forces de l’ordre. Une enquête de Jules Panetier, publiée ce dimanche 25 octobre dans Le Poing, documente ces violences et met en cause l’attitude des policiers présents.

Une milice annoncée avant la manifestation

L’affaire n’a pourtant rien d’une irruption imprévisible. Dès le 23 octobre, Le Poing révélait l’appel lancé par Charlie D., alias « Alpha Rise », influenceur sportif, pour constituer des groupes chargés de venir en « aide » aux commerçants après les dégradations du 17 octobre. Cette initiative, présentée comme pacifique, avait reçu le soutien de militants identitaires des Jeunes d’Oc. Elle circulait également dans des groupes Telegram où, selon les investigations du journal, des messages explicitement racistes avaient été diffusés.

Le lendemain, explique Jules Panetier, une vingtaine d’hommes portant des foulards blancs parcourent le centre-ville. Parmi eux figureraient des ultras de la Butte Paillade, d’anciens policiers et gendarmes, des militants identitaires, dont Anthony Lacoste, ainsi que des personnes mobilisées à l’appel d’Alpha Rise. Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de violences et la proximité des forces de l’ordre.

[VIDEO] Montpellier 24 octobre 2026 :

Des manifestants dispersés, des militants d’extrême droite protégés ?

À n’en pas douter, c’est le point le plus grave de cette affaire : alors que les manifestants essuyaient des tirs de gaz lacrymogènes et faisaient face à un important dispositif policier, les hommes décrits par Le Poing ont circulé entre les lignes de CRS.

Dans son reportage du 24 octobre, la journaliste du Poing Khalie Guirado signalait déjà que le groupe mobilisé par Charlie D. avait été aperçu à plusieurs reprises dans l’Écusson, sans difficulté apparente pour traverser les dispositifs policiers.

Dès lundi 26 octobre, Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, devra s’expliquer. La présence de militants d’extrême droite à proximité des policiers est une chose. Établir si ces derniers ont volontairement facilité leurs agressions en est une autre. Si une telle complicité était démontrée, l’affaire prendrait une dimension nationale.

Madame la préfète : Qui a donné les consignes ? Pourquoi ces hommes n’ont-ils pas été immédiatement neutralisés lorsqu’ils frappaient des manifestants ? Combien ont été interpellés ? Les services de renseignement territorial avaient-ils identifié les appels à mobilisation des groupes d’extrême droite avant le 24 octobre ? Les services de la préfecture se doivent de répondre sur les faits, les interventions et les éventuelles responsabilités.

Nuñez minimise, Delafosse réclame une enquête

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a évoqué « des militants de l’ultradroite qui cherchaient à s’affronter avec des militants de l’ultragauche ». Cette présentation renvoie dos à dos deux camps supposés adversaires. Schéma simpliste, car c’est la connivence soupçonnée avec les services de police qui doit être expliquée.

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, réclame pour sa part une enquête et annonce une saisine du procureur. Les autorités ne pourront se contenter de condamner des affrontements. L’existence de ces groupes était connue avant le 24 octobre. Leur mobilisation avait été publiquement annoncée et documentée. Question : Chantal Mauchet, comment des militants d’extrême droite ont pu intervenir dans une ville placée sous un dispositif exceptionnel de maintien de l’ordre ?

L’enquête de Jules Panetier, à lire dans Le Poing publiée ce dimanche 25 octobre, un travail qui apporte des éléments importants pour la compréhension de cette journée. Il identifie plusieurs protagonistes, revient sur les préparatifs de leur mobilisation. Le journaliste rapporte également un rassemblement de militants de la Ligue du Midi près de Saint-Gély-du-Fesc, derrière une banderole réclamant la « remigration », ainsi que la dégradation du local militant du Quartier Généreux dans la soirée.

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