Attirer toujours plus de touristes venus de l’autre bout du monde : une stratégie incompatible avec l’urgence climatique et sociale. C’est l’alerte lancée par le Réseau Action Climat dans un rapport rendu public mardi 8 septembre.
L’ONG dénonce une politique touristique qui privilégierait « les clientèles américaines et asiatiques fortunées« , au détriment des Français et des Européens, avec pour illustration emblématique le projet de parc d’attractions Dragon Ball Z, voulu par Emmanuel Macron et financé par l’Arabie saoudite, qui va selon elle stimuler le trafic aérien et renforcer la dépendance à une pétromonarchie autoritaire.
Dans le même temps, la France vise toujours davantage un tourisme haut de gamme : davantage d’hôtels quatre et cinq étoiles, moins d’hébergements accessibles. En vingt ans, les prix des logements touristiques ont progressé deux fois plus vite que l’inflation. Résultat : des Français renoncent à partir en vacances en France ou choisissent des destinations étrangères moins chères « comme les pays du Maghreb, l’Europe du sud, autant de voyages supplémentaires en avion« .
Le rapport souligne au moins deux paradoxes : le tourisme représente 11 % des émissions françaises de gaz à effet de serre, mais seulement 3,8 % du PIB. Les touristes extra-européens, qui ne représentent que 2 % des visiteurs, seraient responsables de 20 % des émissions du secteur.
Le Réseau Action Climat appelle donc à changer de cap : privilégier le tourisme intérieur et européen, l’accessibilité des vacances et le tourisme de proximité. Il préconise de ressusciter le « billet de congés annuel » créé par le Front populaire en 1936 pour rendre le TGV accessible au plus grand nombre.
Car à quoi sert de battre des records de fréquentation si, pour y parvenir, on réchauffe la planète et on prive les Français·es de leur droit aux vacances ?



