Violences sexuelles : place Vendôme, la loi intégrale sous pression de la rue

Raphaël Glucksmann « C’est la fausse gauche ! » - Photo - Flux vidéo CLPRESS
Raphaël Glucksmann « C’est la fausse gauche ! » - Photo - Flux vidéo CLPRESS

« Une loi intégrale et un budget intégral. » Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi 7 septembre place Vendôme, devant le ministère de la Justice, pour réclamer une réponse à la hauteur des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Trois mois après la mort de Lyhanna, 11 ans, l’affaire qui avait provoqué une mobilisation nationale, les associations féministes et enfantistes entendent maintenir la pression.

Pas de hasard dans le calendrier. Le même jour débutait à l’Assemblée nationale le travail de la commission spéciale chargée d’étudier la proposition de « loi intégrale ». Cosigné par 241 députés, le texte doit être examiné en commission à partir du 16 septembre, avant son arrivée dans l’hémicycle début octobre. Il prévoirait une réponse globale, de la prévention à l’accompagnement des victimes, en passant par leur prise en charge judiciaire et la lutte contre la récidive, sans reprendre toutefois la totalité des propositions du collectif d’association et en renforçant le dispositif répressif alors qu’aucune association ne réclamait cela.

De plus, pour les quelque 150 associations réunies au sein de la coalition à l’origine de la mobilisation, voter une loi ne suffira cependant pas. Elles constatent l’absence d’engagement budgétaire et réclament les moyens humains et financiers nécessaires à son application. Entre 2017 et 2023, les violences sexuelles enregistrées par les services de police et de gendarmerie ont augmenté de 282 %, sans augmentation comparable des moyens de la police et de la justice, rappelle Le Monde.

Glucksmann perdu dans le rassemblement « Vous ne faites pas de bien à la gauche. On n’a pas besoin de vous ici. »

La soirée a aussi rattrapé Raphaël Glucksmann. Présent dans le rassemblement, le candidat à la primaire de la gauche a été vivement interpellé par plusieurs manifestantes et accusé de récupération. L’une lui a reproché d’être venu « pour les caméras ». Une syndicaliste de la FSU a ensuite attaqué sa ligne politique et la présence d’anciens macronistes dans son entourage : « Vous ne faites pas de bien à la gauche. On n’a pas besoin de vous ici. »

Une étape politique inattendue au milieu d’une mobilisation qui entendait surtout rappeler au gouvernement et aux parlementaires que, pour les associations, une loi « intégrale » ne pourra porter son nom sans un budget qui le soit tout autant.

[VIDEO] Raphaël Glucksmann : « C’est la fausse gauche ! »

 

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