Feux d’artifice dans un pays en feu : triste symbôle

feu d'artifice tiré du lido à Sète
Même sur ou au bord de l'eau, un feu d'artifice n'est pas inoffensif ni sans conséquence - Photo - PLURIELLE INFO

Malgré la canicule, malgré les feux qui dévorent forêts, garrigues et terres agricoles dans tout le pays jusqu’à menacer les habitations, malgré le vent chaud qui portent la moindre braise, il est encore des communes qui s’enorgueillissent de maintenir leur feux d’artifice.

La préfète de l’Hérault a pourtant interdit tous les feux d’artifice du 10 au 16 juillet en raison du risque très élevé d’incendie. Une seule exception a été accordée : les spectacles tirés depuis une barge en mer ou sur l’étang, lorsque les communes ont obtenu une dérogation préfectorale.

Sont dans ce cas les communes de Mèze, Bouzigues, Frontignan, Mireval et Sète (tandis que Marseillan et Balaruc les Bains ont renoncé aux leurs). Etait-ce pour autant bien raisonnable de solliciter la dérogation et de maintenir le tirage du feu d’artifice ? Est-ce bien solidaire à l’égard des brigades de pompiers sur-sollicitées depuis le printemps déjà ? Solidaire à l’égard des communes sinistrées ?

Combien d’euros partent ainsi en fumée pour quelques minutes de plaisirs des yeux humains ?  Une fumée toxique alors que le pic de pollution de l’air est signalé ce jour dans l’Hérault. Quelques minutes de ravissement tandis que toute la faune (chiens, oiseaux, insectes déjà harassés par la chaleur) ne sait où s’abriter. Et le monde marin, aussi en surchauffe ?  Et les personnes vulnérables, personnes agées, bébés, malades qui stressent au bruit. Tout cela sans parler de la concurrence du match de demie-finale de la coupe du monde de foot entre la France et l’Espagne …

Pour une ville comme Sète qui, rappelons-le, bien qu’étant entourée d’eau a dû fermer au public la forêt domaniale des Pierres Blanches menacée par le feu, la seule prestation pyrotechnique est estimé à plus de 20 000 euros, et jusqu’à 50 000 si on ajoute le coût supplémentaire de la barge, de la sécurité maritime et de l’organisation technique, cela sans compter les frais d’organisation à terre (barrière, police municipale, nettoyage, circulation et secours).

Les internautes sont nombreux à réagir et à s’indigner : « Les feux d’artifice libèrent dans l’air un mélange de gaz, de particules fines, de métaux lourds et de débris plastiques« ; « On aura une pensée émue pour la faune sauvage, les oiseaux notamment qui vont connaître un stress important, mais surtout pour la Méditerranée, déjà en surchauffe climatique, déjà polluée, qui va bénéficier des retombées de tout ce cocktail de produits chimiques« ; « Bravo à nos élus locaux et nationaux, de vrais champions ! »; « C’est ça, ne changez rien, ne vous s’adaptez pas au dérèglement climatique, ni ne prennent des mesures drastiques d’atténuation »; « N’importe quoi. Quelle honte en cette période de forte canicule ».; « Quelle belle solidarité avec les pompiers ! Dommage pour la nature, les animaux et le portefeuille du contribuable !« ; Et enfin en forme de supplique : « Annulez, annulez » revient en force.

La canicule 2026 sonnera-t-elle le glas d’un spectacle anachronique dont on commence à documenter tous les méfaits, un spectacle dangereux pour la nature, les humains et peu compatible avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et la tradition diront certains ? Toute tradition évolue, s’enrichit et s’adapte aux exigences contemporaines. C’est le propre du vivant.

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