Le privé lucratif ferme ses maternités

France maternité - Photo - Jordi Mora Igual
France maternité - Photo - Jordi Mora Igual

Le nombre de maternités en France a drastiquement diminué et ne permet plus à chaque femme enceinte d’être à moins de 30 minutes de route d’un hôpital où elle peut accoucher. À cela s’ajoute, le recul dramatique de la France au niveau de la mortalité périnatale qui nous place au 23e rang sur 27 au niveau des pays européens.

Je rappelle un chiffre mis en avant par la Société française de néonatologie qui signale que si la France avait les mêmes indicateurs que la Finlande, 1 000 bébés ne mourraient pas chaque année en France.

Les maternités pas assez rentables

Dans ce contexte, les groupes de cliniques privées à but lucratif profitent de la baisse de la natalité pour fermer des maternités. C’est ainsi le cas pour le groupe Ramsay à Trappes, mais aussi dans l’agglomération toulousaine avec la clinique de l’Union et au Havre avec la clinique de l’Estuaire. Le groupe Elsan n’est pas en reste avec la clinique de l’Occitanie aussi dans la banlieue de Toulouse, après avoir fermé il y a un an la clinique Urbain V à Avignon. Dans le cadre du financement actuel avec la tarification à l’activité, les maternités ne sont pas très rentables, car il faut assurer un fonctionnement avec du personnel 24 h sur 24, 365 jours par an. Ces établissements préfèrent donc se concentrer sur des activités plus lucratives comme la chirurgie ambulatoire, l’imagerie ou encore les chimiothérapies pour les cancers.

Passivité des ARS (Agences Régionales de Santé)

Ce qui est particulièrement scandaleux est que les Agences Régionales de Santé restent passives et valident sans aucun problème ces fermetures en indiquant que les hôpitaux publics assureront la prise en charge des femmes qui voient ainsi s’éloigner leur lieu d’accouchement. Or les hôpitaux souffrent aujourd’hui de déficits croissants, de manque de personnels, notamment dans les maternités avec une fuite des sages-femmes du fait des conditions de travail dégradées et de salaires qui ne correspondent pas à leur niveau de formation. À cela s’ajoute une démission des gynécologues-obstétriciens qui préfèrent quitter les contraintes hospitalières pour exercer en libéral, le plus souvent en secteur 2 avec des dépassements d’honoraires.

Le constat est sans appel. Il s’agit d’une défaillance de l’État qui n’assure plus la sécurité sanitaire des femmes enceintes, car il privilégie le secteur privé lucratif et ses actionnaires au détriment des hôpitaux publics et d’une politique d’aménagement du territoire permettant un accès égalitaire aux services de santé.

Nous sommes donc bien dans la politique de casse des services publics pour offrir au privé les secteurs d’activité rentables et laisser au public les déficitaires. Cette situation est scandaleuse et doit cesser. Dans ce contexte, l’enjeu des prochaines échéances électorales est de faire le choix entre la poursuite de cette politique néolibérale sans entrave ou alors de décider que le secteur à but lucratif doit être exclu du secteur de la santé, au profit exclusif du secteur public et du secteur privé à but non lucratif. Je crois que pour la majorité des électeurs, la réponse est claire. Alors, passons aux actes !

PUB...

MÉTÉO

🌤️
Météo locale
Localisation en cours...
--°C Chargement...
Ressenti : --°C Vent : -- km/h Humidité : --%
Données météo : Open-Meteo. La position reste traitée dans votre navigateur.

SÉLECTION DE LA RÉDACTION

Des zombies politiques à la rescousse des dominants

INSCRIPTION NEWSLETTER

Trains : LNMP, la ligne de tous les danger ?