Les frappes menées depuis samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont fait plus de 500 morts, dont de nombreux enfants puisqu’une école de filles et un hôpital ont été bombardés. Elles marquent une étape supplémentaire dans l’escalade régionale. L’armée israélienne se vante d’avoir visé près de 500 cibles en une journée, mobilisant environ 200 avions de combat.
Le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a présenté l’opération comme « le plus grand raid aérien de l’histoire » de l’aviation israélienne.
À Washington, le président Donald Trump a salué une situation évoluant « très positivement », estimant que l’offensive avançait « en avance sur le calendrier ». Cette opération intervient pourtant alors que des discussions étaient engagées entre Téhéran et Washington sur le nucléaire iranien, avec une réunion technique prévue à Vienne sous l’égide de l’agence internationale de l’énergie atomique.
Décision d’attaquer prise le 11 février
Pour plusieurs observateurs, la coordination entre les deux alliés dépasse les précédents épisodes. Le spécialiste israélien Amos Harel, du quotidien Haaretz, évoque une coopération « sans commune mesure » avec le passé. Selon Elliott Abrams, du Council on Foreign Relations, la décision d’attaquer aurait été prise lors de la visite de Benyamin Nétanyahou à Washington le 11 février.
La préparation semble remonter à plusieurs semaines. Le site Axios affirme que la collaboration a été engagée dès le 14 janvier, avec des échanges répétés entre responsables du Mossad et autorités américaines. Une précédente opération conjointe, en juin, contre des installations d’enrichissement d’uranium, avait nécessité 14 mois de préparation, selon le The Jerusalem Post. Les enseignements tirés auraient servi de base à l’offensive actuelle.
Démonstration de force américaine
Sur le plan militaire, les États-Unis ont renforcé leur présence régionale. Le porte-avions USS Gerald R. Ford a rejoint l’USS Abraham Lincoln en Méditerranée, accompagné de destroyers. Selon l’agence Associated Press, ce déploiement constitue la plus importante démonstration de force américaine au Moyen-Orient depuis 2003.
D’après le New York Times, un renseignement de la CIA signalant la présence de hauts responsables iraniens à Téhéran aurait précipité l’attaque. La chronologie aurait été ajustée pour toucher ce rassemblement stratégique.
En combinant pressions diplomatiques et montée en puissance militaire, Washington et Tel-Aviv ont ainsi mené une stratégie à double détente. Reste à savoir si cette démonstration de force pèsera sur la suite des négociations nucléaires ou si elle ouvrira un cycle d’affrontements plus large dans la région.

