Vingt-trois ans après 2003, à Clermont-l’Hérault les résident·es attendent toujours l’adaptation au climat

Mobilisation du 2 juillet 2026 Centre hospitalier de Clermont-l'Hérault - Photo - JPV PLURIELLE INFO
Mobilisation du 2 juillet 2026 Centre hospitalier de Clermont-l'Hérault - Photo - JPV PLURIELLE INFO

« On sait très bien qu’il va faire de plus en plus chaud. Il faut s’y mettre maintenant. Il faut climatiser. » Le constat dressé par Élie Mazzarone, secrétaire général CGT du centre hospitalier de Clermont-l’Hérault, résume l’esprit de la mobilisation organisée ce jeudi 2 juillet devant l’établissement. Une nouvelle journée d’action est d’ores et déjà annoncée le 8 juillet.

Le syndicat affirme que les résidents de l’EHPAD subissent des températures comprises entre 28 et 30 °C dans les couloirs, avec plus de 32 °C dans certaines chambres. Il évoque également les difficultés rencontrées pour obtenir un simple réfrigérateur permettant de distribuer de l’eau fraîche aux personnes âgées.

Au-delà de l’urgence sanitaire, les manifestants posent une question plus large : vingt-trois ans après la canicule de 2003, qui avait provoqué près de 15 000 décès supplémentaires en France, comment expliquer que des établissements accueillant des personnes parmi les plus vulnérables restent insuffisamment adaptés aux fortes chaleurs ?

50 milliards d’euros

À la suite de cette catastrophe, l’État avait créé la journée de solidarité. Chaque année, les salariés effectuent une journée de travail supplémentaire, tandis que les employeurs versent une contribution spécifique à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Au fil des réformes, ce financement a été complété par d’autres recettes, notamment une contribution acquittée par les retraités imposables et, depuis 2021, par une part de la CSG affectée à la branche Autonomie.

Contrairement à une idée largement répandue, ces recettes ne financent pas uniquement les EHPAD. Elles permettent de soutenir l’ensemble de la politique de l’autonomie : allocation personnalisée d’autonomie (APA), établissements pour personnes âgées et handicapées, services d’aide à domicile, accompagnement des aidants, revalorisations salariales, rénovation immobilière et modernisation du secteur médico-social.

« Depuis 2003, on nous demande un effort de solidarité. Aujourd’hui, on est encore à 30 degrés dans les chambres », Élie Mazzarone.

La CNSA estime que la journée de solidarité permettra de mobiliser environ 3,36 milliards d’euros en 2026. Depuis sa création en 2004, les différentes contributions destinées à l’autonomie ont généré un montant cumulé de l’ordre de 50 milliards d’euros, voire davantage selon le périmètre retenu. La branche Autonomie dispose aujourd’hui d’un budget annuel supérieur à 43 milliards d’euros.

La CNSA souligne que ces financements ont permis de moderniser de nombreux établissements, d’accompagner des millions de bénéficiaires et de lancer des programmes de rénovation intégrant le confort thermique. Mais sur le terrain, les représentants du personnel estiment que ces investissements demeurent insuffisants face à l’accélération des épisodes caniculaires. « Depuis 2003, on nous demande un effort de solidarité. Aujourd’hui, on est encore à 30 degrés dans les chambres », résume Élie Mazzarone.

De l’eau fraîche pour des personnes âgées

Au-delà des revendications syndicales sur les conditions de travail et les congés d’été, la mobilisation révèle un enjeu qui dépasse Clermont-l’Hérault. Avec le vieillissement de la population et la multiplication des vagues de chaleur, la question n’est plus seulement de savoir combien la solidarité nationale a rapporté depuis 2003, mais comment ces financements permettent, concrètement, de protéger les personnes âgées les plus fragiles.

50 milliards, une somme considérable qui finance bien davantage que les seuls EHPAD, mais qui nourrit aussi les attentes des soignants et des familles lorsqu’une nouvelle canicule frappe. À Clermont-l’Hérault, le débat prend une dimension beaucoup plus concrète. « Pour avoir de simples bouteilles d’eau fraîche, ça a été très compliqué. On a dû se battre plusieurs semaines pour obtenir un frigo pour les résidents », témoigne Élie Mazzarone. Entre les milliards mobilisés à l’échelle nationale et la difficulté, sur le terrain, d’obtenir quelques bouteilles d’eau fraîche pour des personnes âgées fragilisées par la chaleur, c’est tout le défi de la traduction des politiques publiques qui est posé. Une question que les personnels entendent remettre au cœur de leur nouvelle mobilisation annoncée le 8 juillet.

[VIDEO] Prise de parole de Élie Mazzarone, secrétaire général CGT du centre hospitalier de Clermont-l’Hérault : « Les problèmes sont toujours là ! Nous sommes ceux qui accompagnent nos ainé·es au quotidien, nous sommes ceux qui voient leurs peurs… »

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