Face à un malade, la première réponse est de soulager la souffrance. C’est ainsi que dans de nombreux cas, le premier traitement est la prescription de médicaments contre la douleur. Mais l’objectif reste de pouvoir faire un diagnostic, c’est-à-dire trouver la cause de cette souffrance. Ce n’est pas toujours facile et de nombreux patients connaissent des errances diagnostiques.
Il s’agit des périodes qui s’écoulent entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic d’une maladie. Le malade effectue pendant ce temps un ensemble d’examens, sans qu’il soit possible de poser un diagnostic, voire parfois subit les conséquences d’une erreur de diagnostic. Or le seul traitement des effets de la maladie sans en connaître la cause, pour si possible l’éliminer, s’apparente à un palliatif qui conduit parfois à une issue fatale.
Mauvais diagnostic, mauvais traitement
Il en va de même dans la vie d’une société, notamment en ce qui concerne les politiques publiques. Il existe aujourd’hui un large consensus pour reconnaître que notre système de santé se dégrade. Les effets sont connus : une partie importante de la population n’a pas de médecin traitant, l’accès aux spécialistes est limité par des délais de rendez-vous très longs et des dépassements d’honoraires très élevés, des hôpitaux ferment et nous manquons de professionnels de santé.
Regardons maintenant le diagnostic qui nous est proposé ainsi que les causes invoquées. Sont mises en avant des dépenses trop élevées qui seraient dues à des abus, notamment concernant les arrêts de maladie, mais sont aussi invoquées les fraudes et les immigrés qui profiteraient du système.
Partant de ce diagnostic, sont proposés des traitements qui s’apparentent à une purge, avec des réductions de crédits, des fermetures d’établissements cachés sous le vocable de restructurations, une baisse des remboursements et une ouverture de plus en plus importante au marché, que ce soit au niveau de l’offre de soins que des assurances complémentaires. Or l’Histoire nous a montré que la purge tuait souvent le malade.
La purge tue souvent les malades
En fait, la stratégie de nos gouvernants actuels est d’entretenir la confusion pour cacher la véritable cause de la situation de crise actuelle. Il faut la mettre en lumière pour pouvoir envisager des solutions efficaces. Il s’agit de la stratégie des néolibéraux d’effacer les acquis des luttes du 20e siècle qui ont fait de la santé un service public financé par la solidarité nationale. Depuis maintenant près de 40 ans, ils imposent un détricotage patient, mais systématique et coordonné, d’un système qu’il n’ont jamais accepté, considérant que les énormes budgets consacrés à la santé devaient revenir dans le giron du marché afin d’en dégager les meilleurs profits possibles.
L’enjeu actuel est donc de sortir des mesures d’ajustement faisant croire que le bon diagnostic a été fait et que les bonnes mesures thérapeutiques sont mises en œuvre. La véritable cause étant clairement identifiée, le bon traitement est une rupture totale avec les politiques actuelles pour imposer la santé comme un bien collectif et non comme une marchandise.
