Depuis quelques jours, j’écoute la manière dont les médias traitent de la condamnation de Marine Le Pen. Après neuf années de macronisme, je ne m’attendais à rien, mais je fus fascinée par deux éléments de langage. Deux mots entendus et lus dans plusieurs médias ont capté mon attention : « audace« »et « antisystème« .
Pour illustrer mon billet, j’ai choisi un article de Causeur : ô combien représentatif de la Novlangue bourgeoise.

Pour nous couper l’herbe sous le pied, le magazine affirme que les accusations « délinquante« , « voleuse« , « repris de justice » sont des « accusations faciles ». N’en déplaise à la bourgeoisie, détourner 4 millions d’euros de fonds publics c’est du vol, c’est un délit pénal passible de 10 ans d’emprisonnement, et une personne qui commet un délit pénal est qualifiée de « délinquante« .
Cette même presse qui use et abuse de ce mot lorsqu’il concerne le prolétariat, les personnes issues de l’immigration, ou des manifestants, voudrait nous empêcher de l’utiliser au motif que cela conforterait « le RN dans son rôle de mouvement antisystème, bataillant contre les castes déconnectées« .
Quel formidable contresens ! Cet épisode judiciaire nous prouve que le RN n’est absolument pas antisystème. Ce parti est parfaitement intégré dans un système qui met à l’honneur le mépris de classe, l’État d’exception, l’impunité d’une caste, le séparatisme bourgeois. Un parti qui se pense au-dessus des lois de la République, au-dessus des jugements des tribunaux, et dont la chef de file deux fois condamnée se pense légitime à diriger une nation. Le vol de 4 millions d’euros de fonds publics, qui, à l’instar de ses congénères nantis, ne la conduira pas en prison, quand d’autres appartenant à la « populace » peuvent faire deux mois ferme pour le vol d’un paquet de pâte ou d’une cannette.
Aucune « audace » ici. Marine Le Pen sait que le système judiciaire est conçu par et pour sa caste : un État de droit quasi inexistant que le Macronisme a fini d’anéantir à coups de lois d’exception ultrasécuritaires et ségrégationnistes votées de concert avec le Rassemblement national. La justice a été jusqu’à s’adapter à l’agenda de Marine Le Pen et jusqu’à alléger sa condamnation pour lui permettre de faire campagne. Le cas Le Pen illustre parfaitement le plus grand tour de magie de cette République séparatiste : avec ses condamnations, elle ne pourrait pas occuper un poste de militaire ou gendarme par exemple… en revanche elle peut viser la Présidence de la République : chef des ARMÉES.
Elle n’est pas encore au pouvoir qu’elle a déjà trahi la totalité de ses électeurs… à moins que ces derniers n’attendent pas d’elle de la probité, mais bien une politique raciste, antisémite, séparatiste et ségrégationniste.
Un site d’information pour suivre toutes les condamnations prononcées contre les membres du FN/RN : Marine La Peine
