Santé mentale : le grand mensonge du gouvernement

GHU Paris Psychiatrie - Photo - DR Anne NG
GHU Paris Psychiatrie - Photo - DR Anne NG

Alors que la santé mentale est annoncée deux années de suite comme grande cause nationale par le gouvernement, son action n’a de cesse de détruire méthodiquement le secteur de la psychiatrie. Deux exemples sur Paris sont emblématiques de cette situation.
Il s’agit d’une part du centre d’accueil et de crise Amado situé au cœur de Paris. Ce type de structure est destiné à prendre en charge les personnes qui traversent une crise psychique aiguë, dans le but d’éviter autant que possible une hospitalisation complète, tout en assurant des soins rapides et intensifs. Ils sont ouverts 24h sur 24 et possèdent des lits pour des hospitalisations de courte durée permettant d’accueillir les patients, sans délai et en accès direct.

Leur efficacité a été largement démontrée du fait d’un circuit direct, sans passage obligé par les urgences des hôpitaux surchargées dans lesquelles ne sont souvent pas présents des personnels ayant les compétences pour organiser les soins pour ces patients. La direction de l’hôpital dont dépend ce centre a profité d’un déménagement du fait de travaux, qui aurait dû être provisoire, pour organiser l’asphyxie progressive de la structure et finalement décider de sa fermeture le 10 juillet. La conséquence immédiate est un abandon des patients et un démantèlement complet d’une équipe de soignants expérimentée. La seule logique qui a prévalu est une logique financière dans le contexte du plan d’économies drastique imposé par le gouvernement à la Sécurité sociale.

Le deuxième dossier est celui de l’Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Police, structure unique dans son genre en France du fait de sa tutelle par le ministère de l’Intérieur et non celui de la Santé, dont le rôle est l’accueil, l’évaluation et l’orientation de personnes présentant des troubles mentaux aigus prises en charge par les forces de police lorsqu’il existe un risque immédiat pour leur sécurité et celle d’autrui.

Le contexte est un rapport de la Contrôleure générale de lieux de privation de liberté (CGLPL) qui dénonce des dysfonctionnements majeurs avec plusieurs violations des droits des patients dans des conditions matérielles et humaines très préoccupantes et jugées indignes. La réaction du Préfet de Police a été de qualifier ce rapport de mensonger. Mal lui en a pris, puisqu’une décision du tribunal administratif en date du 13 juillet 2026 lui enjoint de mettre en œuvre un certain nombre de mesures pour faire cesser cette situation. La réaction du représentant de l’Etat a été de faire immédiatement appel de cette décision. Cette décision est d’une part indigne mais elle souligne le fait que le gouvernement, en l’occurrence le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Santé, valident cette décision d’un préfet sous leur tutelle, qui va à l’encontre de l’intérêt des malades alors que leur rôle est de les protéger.

La conclusion est bien que le gouvernement délaisse les personnes atteintes de troubles mentaux en fermant des structures de soins et en laissant la maltraitance policière primer sur une prise en charge digne des malades.

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