[TRIBUNE] Stéphane Herb. Le projet d’installation par la Métropole de Montpellier d’un four à combustibles solides de récupération (CSR) sur le site de Amétyst à Garosud ( à moins de 2 km de Maurin et de Lattes centre), ainsi que celui d’une unité de valorisation énergétique (UVE) sur la station Maera à quelques centaines de mètres de Lattes-centre et Boirargues, suscitent des préoccupations légitimes : santé publique, environnement, cohérence des politiques de gestion des déchets.
Les CSR : quel principe, quels risques ?
Les CSR sont des déchets (papiers, mais surtout 75% plastiques, bois, textiles) qui, après tri et préparation, sont brûlés dans des fours. Si certains acteurs les présentent comme une filière d’avenir pour valoriser ce qui reste après recyclage, plusieurs sources scientifiques soulignent des risques sanitaires et environnementaux non négligeables. La Fédération France Nature Environnement (FNE) comme de nombreux scientifiques souligne que les émissions de polluants (particules fines, NOx, dioxines, métaux lourds, PFAS) font craindre des impacts importants sur la santé humaine. La combustion de ces déchets libère un cocktail de gaz polluants, dont certains persistent dans l’environnement.
Le projet Amétyst Garosud
Le projet prévoit un four de CSR capable de traiter 45 000 tonnes/an de déchets, surtout des plastiques, avec des rejets atmosphériques importants. Nous sommes très inquiets quant à l’impact à moyen terme sur la qualité de l’air et la santé : troubles respiratoires, maladies chroniques, cancers potentiels.
Ce projet est également critiqué pour sa logique contraire au principe rationnel « réduire, réutiliser, recycler ». La valorisation par combustion risque de détourner des déchets recyclables vers l’incinération et de freiner les efforts de tri sélectif et de réduction à la source. D’autant plus que pour être rentable, cette usine gérée par le privé va devoir recevoir une quantité suffisante de déchets ; si les efforts de réduction des déchets venaient à rendre la quantité insuffisante, la logique financière serait alors de traiter des villes hors Métropole.
Le projet UVE à la station d’épuration Maera (Lattes)
L’unité de valorisation énergétique prévue à la station Maera concerne l’incinération des boues issues du traitement des eaux usées. Là encore, comme pour le CSR, les inquiétudes portent sur les émissions atmosphériques et les rejets aqueux : particules fines, composés organiques volatils, métaux et résidus de combustion, PFAS. L’effet cumulé de ces deux sites sur un même territoire densément peuplé, déjà exposé à une pollution de l’air chronique, fait craindre un cumul de risques sanitaires et environnementaux.
Enjeux citoyens et politiques
L’association Latt’agora dénonce ces politiques publiques de gestion des déchets et alerte les Lattoises et les Lattois sur les risques sanitaires, sur le manque d’information de la part de notre Maire sur des projets qui vont toucher la santé de toutes et tous sur le long terme. Il est positif de désimperméabiliser les cours d’école, de planter quelques arbres et quelques arbustes par-ci, par-là, mais ils ne seront pas une barrière face aux pollutions qui vont arriver sur notre commune : CSR,UVE, COM, Ode à la Mer…
La transparence, la concertation et le respect des engagements sanitaires, climatiques de la Métropole et de notre commune sont des conditions indispensables pour restaurer la confiance de la population. Cela nous semble être essentiel !
Il est inadmissible que nos élus décident de projets ayant un tel impact sur notre santé, alors que ces projets n’étaient présents ni dans le programme électoral de la Métropole ni dans celui de la mairie de Lattes.
De plus, nous dénonçons une incohérence stratégique. Alors que la France s’engage à réduire les déchets et à développer le recyclage, ces projets privilégient encore la combustion, une méthode émettrice de CO₂ et de polluants.
Comme pour les projets d’urbanisme, ces projets montrent que les décideurs métropolitains sont décidément toujours bloqués au 20e siècle et n’ont pas pris la mesure de la situation environnementale et sanitaire.
Face à la pression urbaine, au défi climatique et aux attentes citoyennes, le maire de Lattes doit faire le choix de l’information, de la prévention, du recyclage et de la sobriété plutôt que de solutions industrielles à haut risque sanitaire et écologique.
Il doit être le garant de la sécurité et de la santé de ses administré.e.s, qu’en est-il réellement ?
Ces projets représentent une véritable bombe sanitaire à retardement. Pour plus de 30 000 habitants directement concernés : Maurin, Lattes centre, Boirargues, les Grisettes, Croix d’Argent, Ovalie, Les Sabines, Prés d’Arènes, Garosud…
L’association Latt’agora se mobilise pour informer et alerter les habitantes et les habitants, car le maire de Lattes, comme l’ensemble des élus métropolitains, ne fait pas le travail pour lequel il a été élu, à savoir nous donner les informations nécessaires à la bonne compréhension des projets, prendre les décisions avec les habitantes et les habitants et bien sûr protéger notre santé.
Nous donnons rendez-vous aux Lattoises et au Lattois, le mercredi 3 décembre 2025 à partir de 18h30 au Trèfle Rouge – 891 allée de la Calade à Lattes et nous les invitons à signer notre pétition contre ces projets polluants :
▶️ Signer la pétition :
https://petition.qomon.org/835931ba-non-aux-incinerateurs-a-lattes/