Mars 2026, la direction de Prisma Media a annoncé un projet de suppression de 261 postes, soit près de 40 % de ses effectifs. Une décision dénoncée par les syndicats de journalistes, qui parlent d’un choc sans précédent dans la presse magazine.
Pour comprendre, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est un dispositif encadré par le droit du travail. Il est censé accompagner les licenciements économiques en proposant reclassements ou formations. Mais dans ce cas précis, les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes estiment que le terme masque une réduction massive des effectifs.
Le groupe, qui édite notamment Capital, GEO ou Femme Actuelle, justifie cette restructuration par des difficultés économiques et l’évolution du secteur, marquée par la baisse des revenus et l’essor de l’intelligence artificielle générative. Pourtant, selon les chiffres avancés par les syndicats, Prisma Media a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 302 millions d’euros, avec un résultat opérationnel positif de 6 millions.
Le plan prévoit aussi l’arrêt de plusieurs magazines et la suppression de services essentiels à la fabrication et à la distribution. Plus de 90 journalistes seraient directement concernés, sans compter les pigistes, souvent exclus des dispositifs.
Derrière ce projet, les organisations syndicales pointent la stratégie de l’actionnaire majoritaire, Vincent Bolloré, accusé de vouloir restructurer en profondeur les rédactions. Elles redoutent une transformation durable, avec des conséquences sur l’indépendance et la diversité de l’information.
Un appel à la mobilisation a été lancé auprès de la profession et des pouvoirs publics. L’enjeu dépasse le seul cas Prisma Media : il concerne l’avenir économique et démocratique de la presse magazine en France.