Loi contre les violences sexuelles : surenchère répressive pour camoufler l’absence de moyens

"Plus on augmente les peines, moins les enfants vont pouvoir parler" Marianne Maximi députée LFI - Photo - DR AN
"Plus on augmente les peines, moins les enfants vont pouvoir parler" Marianne Maximi députée LFI - Photo - DR AN

Depuis la mi-juillet, le RN ne cesse de marteler que refuser de voter le principe de la prison à perpétuité pour les violeurs de mineurs de moins de 15 ans reviendrait à les « protéger ».

Nombreux et surtout nombreuses sont les parlementaires qui se sont succédé à la tribune de l’assemblée pour démontrer combien cette proposition soutenue du RN aux macronistes, outre qu’elle existe déjà dans la loi, était un leurre pour camoufler toute la chaîne de défaillances politiques, policières et judiciaires et carcérales qui aboutit à la poursuite de ces violences sexuelles systémiques faites aux enfants et aux femmes.

« Seulement 3% des auteurs de viol sur mineurs sont condamnés. Le sujet c’est les 97% restant. Comment les empêcher de passer à l’acte, comment faire en sorte que les victimes puissent parler, soient écoutées et soutenues ? » interroge la députée insoumise Marianne Maximi. Aucune victime de viol ou proches de victime n’a jamais demandé la perpétuité, elles demandent réparation.

Toutes ont souligné que cette mesure ne figure pas parmi les 82 préconisations de la CIIVISE ( Commission Indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants). Toutes les organisations enfantistes, féministes et de défense des droits humains se sont  déclarées fermement opposées à la peine de perpétuité qui « ne sert qu’à donner bonne conscience à un gouvernement dont la seule réponse est la répression ». De surcroît, « dans la quasi-totalité des cas, les victimes connaissent l’agresseur. l’envoi de ces hommes en prison à vie est une responsabilité bien trop lourde qui pèse sur les épaules des victimes », précise leur communiqué.

Malgré cette unanimité, cet amendement dangereux et inefficace a été adopté le 21 juillet par l’Assemblée nationale grâce à Aurore Bergé qui l’a fait revoter après un premier rejet, par 258 voix contre 84.

[VIDEO]« L’instrumentalisation par l’extrême-droite et la droite de notre position contre la perpétuité est INACCEPTABLE » Marianne Maximi :

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