Réactions au rassemblement montpelliérain de solidarité avec la communauté LGBTQIA+

Rassemblement à Montpellier après l'attentat de la Pride de Berlin, minute du silence - Photo - Viridis_prod
Rassemblement à Montpellier après l'attentat de la Pride de Berlin, minute du silence - Photo - Viridis_prod

Vendredi 31 juillet, un rassemblement était organisé Place de la Comédie à Montpellier par les « associations LGBTQIA+ et allié·es de Montpellier et de l’Hérault » suite à l’attentat meurtrier qui a frappé la communauté LGBTQIA+ à l’occasion de la Pride de Berlin. Mais la manifestation aurait glissé du recueillement et de la solidarité à l’islamophobie.

Ce rassemblement visait à la fois à exprimer la solidarité avec la communauté LGBTQIA+ de Berlin, endeuillée et meurtrie, et à affirmer, comme c’est formulé dans l’appel, « avec force les valeurs qui fondent nos engagements : l’inclusion, l’égalité, la solidarité et le refus de toutes les discriminations. Le terroriste ayant commis cet acte, ainsi que son fondamentalisme religieux, ne saurait incriminer toute une religion ni tout un groupe en raison de ses origines.« 
 L’appel portait la signature de diverses associations et syndicats et a été rejoint par des groupements politiques.

Or d’après Cause Commune, le Groupe LFI du conseil municipal de Montpellier, le PG 34, et NPA-A Montpellier qui participaient officiellement au rassemblement, cet état d’esprit n’a pas été respecté. Hormis les organisateurices, seul·es la mairie et des représentant.e.s de diverses religions (à l’exception de la religion musulmane qui semblerait ne pas avoir été invitée) ont pris la parole.

Dans une lettre ouverte qu’elles ont adressée aux organisateur·trices, ces quatre organisations ont regretté ce choix restrictif qui, selon elles, n’est « pas à la hauteur d’une situation marquée par la montée de la haine homophobe et transphobe à travers l’Europe et dans le monde, et de l’ascension des extrêmes droites. Situation face à laquelle nous devons rechercher l’expression, l’unité et la solidarité antifasciste de l’ensemble du mouvement social ».

Dans ce courrier, elles déplorent également l’intervention du vice-président du CRIF, tant sur le principe que sur son contenu. « En invoquant le “séparatisme” et “l’entrisme religieux”, [le vice-président du CRIF] a contribué à un discours islamophobe reprenant et alimentant le récit de l’extrême droite et instrumentalisant la mort d’une manifestante pour attiser la haine contre les musulman·nes », en contradiction flagrante avec les intentions affichées par les organisateur·trices. Par extension, ces organisations dénoncent le pinkwashing pratiqué par l’État d’Israël pour couvrir une politique génocidaire, colonialiste et suprématiste.

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