À mesure que le projet de contournement ouest de Montpellier (COM) avance, la contestation citoyenne s’organise. À Juvignac, le collectif AutreCOM dénonce un angle mort : l’impact sonore réel de l’infrastructure portée par Vinci Autoroutes, jugé largement sous-évalué dans les documents officiels.
Sur le terrain, les militant·es ont mené une démonstration concrète à l’aide d’un sonomètre, simulant les niveaux sonores annoncés par le concessionnaire. Verdict : même avec des écrans acoustiques pouvant atteindre cinq mètres, le bruit resterait « significatif » pour les riverains .
Selon les modélisations, 113 bâtiments dépasseraient les seuils réglementaires, dont 36 même après installation de protections collectives . Pour ces habitations, les solutions envisagées relèvent d’une adaptation contrainte : fenêtres fermées, ventilation mécanique, voire climatisation. Une réponse jugée insuffisante par les habitant·es, qui pointent l’absence de protection des espaces extérieurs et une dégradation globale du cadre de vie.
Autre point de friction : les hypothèses de trafic retenues à l’horizon 2049, accusées de ne pas intégrer le trafic induit, pourtant documenté dans de nombreux projets routiers . À cela s’ajoute le choix d’une vitesse de 90 km/h, plus bruyante que des configurations urbaines à 70 ou 50 km/h, comme le rappelle le Cerema.
La question sanitaire
En toile de fond, c’est la question sanitaire qui émerge. Le dossier ne prend pas en compte les effets cumulés des nuisances (routières, aériennes, ferroviaires), alors même que leur addition est reconnue comme un facteur aggravant pour la santé publique .
Face à ces angles morts, le collectif appelle à revoir en profondeur le projet, notamment sur la vitesse et les protections. Une mobilisation qui met aussi en cause la responsabilité politique de la mairie de Montpellier, accusée de laisser avancer un dossier aux impacts encore largement contestés.

