Castelnau-le-lez : une quadrangulaire sous tension favorable à un macroniste honteux ?

Municipales 2026 2e tour Lafforgue Miro Corvaisier Haie - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO
Municipales 2026 2e tour Lafforgue Miro Corvaisier Haie - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO

À Castelnau-le-Lez, deuxième ville de la métropole de Montpellier, le premier tour des municipales 2026 a ouvert une séquence politique particulièrement tendue. Le candidat Renaissance Julien Miro est arrivé en tête avec 39,65 % des suffrages, devant le maire sortant (21,10 %). 3e position, la liste citoyenne ici et ensemble, conduite par l’écologiste Richard Corvaisier, obtient 17,71 %, tandis que la candidate socialiste Najate Haie recueille 15,20 %.

Dans ce contexte, Richard Corvaisier a proposé une fusion de listes à la candidate socialiste afin de rassembler les forces écologistes, de gauche et citoyennes pour battre la droite au second tour.

« Mission Delafosse » une priorité pour Haie ?

La réponse de Najate Haie a été sans ambiguïté. Dans un communiqué diffusé dans la nuit du 15 au 16 mars, la candidate socialiste annonce le maintien de sa liste et exclut toute fusion avec la liste ici et ensemble. Elle invoque des divergences politiques avec la présence de la France Insoumise dans l’équipe conduite par Richard Corvaisier. Mais l’employée du CCAS de Montpellier répond surtout aux consignes de sa « Mission Delafosse », tout sauf ceux qui s’opposent au PLUi de la métropole et qui veulent protéger absolument les terres agricoles de Sablassou.

Ce refus d’alliance de la part des socialistes et le maintien de leur liste au second tour créent mécaniquement une quadrangulaire. En faisant ce choix, la candidate Haie porte la responsabilité de la division d’une gauche qui aurait pu triompher facilement d’une triangulaire. La configuration en quadrangulaire , historiquement, profite souvent à la liste arrivée en tête au premier tour, sauf qu’à Castelnau, grâce à la guerre des droites Lafforgue VS Miro, tout est possible.

Guerre des droites, tout est possible

Le candidat Julien Miro, aujourd’hui favori, est par ailleurs membre du bureau exécutif de Renaissance, le parti fondé par le président Emmanuel Macron. Un élément peu mis en avant dans sa communication de campagne, centrée sur un positionnement local et municipal. Mensonge par omission ? La question peut se poser. L’information reste méconnue alors qu’en campagne électorale, l’authenticité est importante, voire prioritaire. La liste ici et ensemble corrige ce manquement par une publication très explicite face à un candidat qui, en plus de se camoufler, fuit tous les débats. Pour cela, Julien Miro trouve une nouvelle excuse : celle d’un soit-disant complot. Il écrit dans un communiqué en prenant soin d’utiliser le conditionnel : « j’apprends que le maire sortant Frédéric Lafforgue et le candidat LFI Richard Corvaisier échangeraient pour faire de ce moment démocratique une foire d’empoigne, transformant volontairement le débat en un cirque. » 

Miro, « le macroniste caché » qui refuse les débats

Miro est-il un macroniste honteux ?

À défaut d’assumer son appartenance au parti macroniste, Julien Miro en invente une fausse pour son adversaire de gauche. Or quand on cache son étiquette politique aux habitant·es de Castelnau-le-Lez, c’est la crédibilité de toute autre parole qui est mise en cause. Mais donner de surcroît l’étiquette LFI à Richard Corvaisier, bel et bien estampillé Les Ecologistes, et inventer un complot entre lui et le maire sortant, révèlent toutes les capacités de manipulation du politicien du parti Renaissance.

Parti Renaissance - Photo - Screen site
Parti Renaissance – Photo – Screen site

Dans ce contexte, entre un « macroniste caché » et une socialiste aux ordres, Richard Corvaisier maintient sa ligne politique, « nous appelons chaleureusement les militants socialistes à nous rejoindre », et il appelle aussi tous·tes les électeurs et électrices de gauche et du centre au rassemblement autour d’un programme axé sur plusieurs priorités locales : renforcement des services publics, protection des terres agricoles de Sablassou et mise en place d’une restauration scolaire gratuite.

Frédéric Lafforgue, lui, poursuit sa trajectoire largement bousculée par les offensives de Julien Miro que le maire sortant qualifie de « populistes » , mais il espère bien rebattre les cartes en sa faveur le 22 mars.

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