Le second tour de la présidentielle est prévu le 2 mai 2027, au lendemain de la fête du Travail. Une proximité qui donne des sueurs froides à Bruno Retailleau et au Rassemblement national. La droite et l’extrême droite réclament une modification du calendrier électoral. Le gouvernement refuse.
Bruno Retailleau n’a pas attendu les violences d’octobre pour s’inquiéter. Dès le 1er juillet, le président des Républicains dénonçait le choix du 2 mai, estimant que les manifestations du 1er-Mai risquaient de favoriser la gauche. Presque un aveu de voir le monde du travail peser sur le résultat des urnes, lui si condescendant avec cette classe sociale. À dix mois du scrutin, les défilés syndicaux constituaient déjà, à ses yeux, un risque électoral.
Depuis, les violences survenues lors des mobilisations du 17 octobre lui fournissent un argument supplémentaire : la sécurité. Le RN lui emboîte le pas. Jean-Philippe Tanguy et Louis Aliot contestent également ce calendrier. Ça tremble dans les rangs de Marine Le Pen.
Le 1er-Mai, jour férié ou menace électorale ?
Une journée de manifestations syndicales, inscrite depuis des décennies dans la vie démocratique française, deviendrait un obstacle à la bonne tenue de l’élection présidentielle. La droite et l’extrême droite redoutent son influence sur le vote du lendemain.
Pourtant, manifester n’est pas voter. Et les cortèges du 1er-Mai ne constituent ni une consigne électorale générale ni un privilège accordé à un candidat. Mais trop conscient d’être en décalage avec la population française, trop dopés à la puissance médiatique de leur maître Vincent Bolloré, le réel les rattrape.
Le gouvernement ne partage pas ces inquiétudes. Mercredi 28 octobre, sa porte-parole, Maud Bregeon, a écarté toute modification du calendrier : « Il n’y a pas de raison de changer. » L’exécutif refuse de donner aux violences le pouvoir de déplacer une élection.
Juridiquement, avancer les deux tours aux 11 et 25 avril reste envisageable. Mais le gouvernement maintient les dates des 18 avril et 2 mai.
Retailleau et le RN n’ont pas encore perdu la présidentielle, mais fébriles, ils s’inventent un nouvel adversaire : le calendrier.
